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	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
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		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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		<title>Flirt pouss&#233; entre politique et religion : conviction ou folklore ?</title>
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		<dc:date>2026-07-25T05:57:14Z</dc:date>
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		<dc:creator>Demokraty</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dieu merci, les mpiandry ont donc chass&#233; les devoly hier lors d'un folklore &#233;vang&#233;lique bien &#233;trange dans une r&#233;publique la&#239;que. On esp&#232;re que cette fois-ci sera la bonne, car on les a d&#233;j&#224; vus chasser les d&#233;mons &#224; Mahazoarivo en 2002, &#224; Ambohitsorohitra en 2009, &#224; Iavoloha en 2025. Depuis le temps qu'on voit les mpiandry s'agiter de cette mani&#232;re, les tares et les tar&#233;s de la classe politique sont pourtant toujours dans les parages. &#192; d&#233;faut de sagesse, il faut donc avoir le courage de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mobile.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dieu merci, les &lt;i&gt;mpiandry&lt;/i&gt; ont donc chass&#233; les &lt;i&gt;devoly&lt;/i&gt; hier lors d'un folklore &#233;vang&#233;lique bien &#233;trange dans une r&#233;publique la&#239;que. On esp&#232;re que cette fois-ci sera la bonne, car on les a d&#233;j&#224; vus chasser les d&#233;mons &#224; Mahazoarivo en 2002, &#224; Ambohitsorohitra en 2009, &#224; Iavoloha en 2025. Depuis le temps qu'on voit les &lt;i&gt;mpiandry&lt;/i&gt; s'agiter de cette mani&#232;re, les tares et les tar&#233;s de la classe politique sont pourtant toujours dans les parages. &#192; d&#233;faut de sagesse, il faut donc avoir le courage de m&#233;diter sur les paroles d'Einstein : &#171; La folie, c'est de faire toujours la m&#234;me chose et de s'attendre &#224; un r&#233;sultat diff&#233;rent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me sans verser dans l'id&#233;ologie marxiste, on sait que la religion est l'opium du peuple. Cela lui permet d'oublier ses difficult&#233;s quotidiennes, dans l'espoir de lendemains meilleurs dans un &#233;ventuel paradis c&#233;leste. Le fatalisme que cela g&#233;n&#232;re est bien utile aux dirigeants, car cela favorise le calme au milieu de la temp&#234;te. Rappelons aussi qu'un dicton bien de chez nous enseigne que certains prient le dimanche puis sont voleurs de poules le lundi. La sagesse voudrait donc que l'on nourrisse une certaine m&#233;fiance envers les pharisiens des temps modernes qui affichent leur religiosit&#233; comme un totem d'immunit&#233;, voire d'impunit&#233;. La religion sert de vitrine aux personnages publics, mais ce qui se cache derri&#232;re n'est pas toujours reluisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On esp&#232;re donc pour tous les &lt;i&gt;m'as-tu-vu &lt;/i&gt; d'hier sur la place du 13 mai qu'on peut leur donner le bon Dieu sans confession. Cette manifestation a rappel&#233; le style des &lt;i&gt;forongony&lt;/i&gt; et de leurs bondieuseries sous Rajoelina : les manifestations religieuses au stade Barea ; l'illumin&#233; Rija Rasolondraibe qui a pr&#233;tendu que Dieu avait d&#233;j&#224; parl&#233; &#224; l'ancien DJ avant de lui confier les destin&#233;es de Madagascar ; le fantasque Hery Rasoamaromaka qui est all&#233; pleurnicher dans la robe du Pr&#233;sident de l'Eglise protestante FJKM pour se plaindre d'une pr&#233;dication de son adjoint ; les s&#233;ances de pri&#232;res de Christine Razanamahasoa au minist&#232;re de la Justice ou &#224; l'Assembl&#233;e nationale ; Lalatiana Rakotondrazafy (organisatrice d'une cellule de pri&#232;re hebdomadaires &#224; Andohalo) se prenant en vid&#233;o en train de chanter (faux) &#171; tsy izay lazain'ny olona Jesosy &#187; lors d'un concert &#233;vang&#233;lique ; et m&#234;me ce projet de Palais des louanges que Rajoelina avait l'intention de b&#226;tir avec le plus haut clocher dans l'Oc&#233;an indien. Il paraitrait m&#234;me que sa soeur et sa m&#232;re seraient fortement impliqu&#233;es dans des sectes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant&#8230; toutes ces gesticulations religieuses de Rajoelina et de ses proches n'ont pas emp&#234;ch&#233; des &lt;i&gt;mpiandry&lt;/i&gt; de soutenir le coup d'&#201;tat de 2009. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; Rajoelina et son clan au pouvoir d'aligner des scandales de corruption, de Mamy Ravatomanga &#224; Herilaza Imbiky, en passant par l'affaire des &#233;crans plats ou l'arrestation de Romy Voos. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; des histoires de m&#339;urs dissolues impliquant des hi&#233;rarques du pouvoir. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; des centaines de milliards d'ariary et 400 v&#233;hicules de dispara&#238;tre, selon le rapport de la Cour des comptes. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'habit ne fait pas le moine. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de pi&#233;t&#233; des politiciens malgaches, l'exp&#233;rience vaut donc science. Le pass&#233; permet d'&#233;clairer le pr&#233;sent et d'anticiper l'avenir. M&#234;ler politique et religion n'est ni sain, ni raisonnable, et encore moins constitutionnellement acceptable. Ce dont Madagascar a besoin, ce n'est pas d'une arm&#233;e de bigots et des s&#233;ances de pri&#232;res, mais de magistrats int&#232;gres, de fonctionnaires non corrompus, de dirigeants conscients du caract&#232;re sacr&#233; de leur fonction, d'autorit&#233;s et citoyens attach&#233;s &#224; l'&#201;tat de droit, d'entreprises qui payent leurs imp&#244;ts, de ministres qui &#339;uvrent r&#233;ellement pour le bien de leurs concitoyens etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La religion peut-elle aider &#224; aller vers ces objectifs ? Th&#233;oriquement, la r&#233;ponse est oui. Mais quand on regarde le nombre d'Eglises, de sectes, de pasteurs de ceci et de r&#233;v&#233;rends ou bishops de cela depuis des d&#233;cennies, force est de constater que cela n'a rien fait pour am&#233;liorer la situation g&#233;n&#233;rale du pays. Ces salades ne servent donc pas &#224; grand chose, si ce n'est &#224; aider les Malgaches &#224; subir l'incomp&#233;tence et le manque d'int&#233;grit&#233; des dirigeants avec sto&#239;cisme, et &#224; faire b&#233;n&#233;ficier les pasteurs de sectes de d&#238;mes cons&#233;quentes. Mais jusqu'&#224; preuve du contraire, on n'a pas encore vu de r&#233;sultats concrets sur la vie du pays, qu'il s'agisse du niveau de PIB, de l'Indice de perception de la corruption, ou des valeurs civiques et citoyennes dans la population. On a m&#234;me l'impression que les indicateurs empirent au fur et &#224; mesure que les politiciens poussent leur flirt avec la religion. De quoi se demander si, dans ses espoirs syst&#233;matiquement d&#233;&#231;us, le &lt;i&gt;vahoaka&lt;/i&gt; va &#234;tre r&#233;duit &#224; faire le &lt;i&gt;mpiandry an'i Paoly&lt;/i&gt; ? L'experience rwandaise d'interdiction d'exercice &#224; des pasteurs sans formation th&#233;ologique doit nous inspirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi est une bonne chose, la religion &#233;galement. Mais elles ne doivent pas &#234;tre instrumentalis&#233;es &#224; des fins politiques, ou servir de pr&#233;texte &#224; un obscurantisme moyenn&#226;geux. Ce qui pr&#233;c&#232;de n'est donc pas une remise en cause de ces sujets relevant de la libert&#233; individuelle, mais un n&#233;cessaire recadrage de leur place dans une r&#233;publique la&#239;que. Laisser le Conseil chr&#233;tien des &#201;glises (FFKM) avoir autant de place dans la vie nationale, comme lors du culte d'hier, c'est oublier que tous les Malgaches ne sont pas croyants, et que tous les croyants ne sont pas chr&#233;tiens. D'ailleurs, une religion import&#233;e ne peut &#234;tre qu'une r&#233;miniscence de colonisation culturelle et cultuelle : &#224; l'heure de la Refondation, on se serait attendu &#224; plus d'int&#233;r&#234;t des autorit&#233;s envers les formes traditionnelles de religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Demokraty&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;mocratie. &#201;tat de Droit. La&#239;cit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11559667686a67d9701f0f34.03750348&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Madagascar, le peuple qui, avant, n'existait nulle part</title>
		<link>https://mobile.madagascar-tribune.com/Madagascar-le-peuple-qui-avant-n.html</link>
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		<dc:date>2026-07-23T04:53:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ou &#171; Il est temps de reprendre l'&#233;criture &#8212; et la lecture &#8212; de notre histoire &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Abstract : Nous sommes l'un des plus jeunes peuples de la Terre, et l'un des rares n&#233;s de deux mondes que tout s&#233;parait : l'Asie insulaire et l'Afrique, r&#233;unies sur une m&#234;me &#238;le il y a &#224; peine quinze si&#232;cles. De ce brassage, nous avons fait un peuple &#8212; fabriqu&#233; ici, de toutes pi&#232;ces. Mais on nous a appris &#224; nous lire autrement : par vagues et par rangs, Asiatiques en haut, Africains en bas. Ce mythe n'est pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mobile.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_510x340-68586.jpg?1784782386' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ou &lt;i&gt;&#171; Il est temps de reprendre l'&#233;criture &#8212; et la lecture &#8212; de notre histoire &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abstract : Nous sommes l'un des plus jeunes peuples de la Terre, et l'un des rares n&#233;s de deux mondes que tout s&#233;parait : l'Asie insulaire et l'Afrique, r&#233;unies sur une m&#234;me &#238;le il y a &#224; peine quinze si&#232;cles. De ce brassage, nous avons fait un peuple &#8212; fabriqu&#233; ici, de toutes pi&#232;ces. Mais on nous a appris &#224; nous lire autrement : par vagues et par rangs, Asiatiques en haut, Africains en bas. Ce mythe n'est pas une erreur, c'est une arme politique. Enqu&#234;te sur un r&#233;cit d'origine forg&#233; pour nous diviser &#8212; et qu'il est temps de reprendre en main.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20826 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH647/illustration-10-97c44.jpg?1784782386' width='500' height='647' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tendance &#224; l'oublier&#8230; et cet oubli nous co&#251;te probablement tr&#232;s cher : le peuple malgache est l'un des plus jeunes de la Terre&#8230; C'est aussi l'un des rares n&#233;s de deux mondes que tout s&#233;parait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; la plupart des peuples se forment du m&#233;lange de voisins, le Malgache na&#238;t d'une double travers&#233;e. D'un c&#244;t&#233;, l'Asie insulaire : des navigateurs austron&#233;siens de Born&#233;o, cousins des Ma'anyan, franchissant l'oc&#233;an Indien en pirogue &#224; balancier, il y a peut-&#234;tre quinze si&#232;cles. De l'autre c&#244;t&#233;, l'Afrique : des populations bantoues venues par le canal du Mozambique, rejointes par les apports arabo-swahilis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux rives&#8230; deux oc&#233;ans&#8230; un seul peuple&#8230; fabriqu&#233; ici&#8230; tard&#8230; et de toutes pi&#232;ces. Cette &#233;vidence, qui devrait &#234;tre notre fiert&#233; la plus tranquille, on nous en a soigneusement d&#233;tourn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la place, on nous a racont&#233; l'histoire inverse : celle des vagues et des rangs. Des Asiatiques d'abord, plus clairs, plus &#171; civilis&#233;s &#187;, install&#233;s sur les Hautes Terres. Des Africains ensuite, plus fonc&#233;s, refoul&#233;s vers les c&#244;tes. Chacun &#224; sa place, chacun &#224; son &#233;tage &#8212; comme si le brassage n'avait jamais eu lieu, et comme si l'ordre d'arriv&#233;e d&#233;cidait, encore aujourd'hui, de qui prime sur qui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit-l&#224;, commode, n'est pas tomb&#233; du ciel. Il a une g&#233;n&#233;alogie&#8230; Et cette g&#233;n&#233;alogie est politique de bout en bout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Anatomie d'un mensonge utile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re main &#224; &#233;crire ce r&#233;cit a &#233;t&#233; malgache. Avant m&#234;me les Europ&#233;ens, la monarchie de l'Imerina ne s'est pas content&#233;e de hi&#233;rarchiser &#8212; toute soci&#233;t&#233; politique le fait. Mais elle a fait plus &#8230; et de mani&#232;re plus lourde de cons&#233;quences : elle a justifi&#233; le rang par l'origine a&lt;i&gt;ndriana, hova, andevo&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;fotsy&lt;/i&gt; contre &lt;i&gt;mainty&lt;/i&gt;&#8230;, et elle a adoss&#233; la pr&#233;&#233;minence de son &#233;lite au mythe d'une souche sup&#233;rieure &#171; venue d'ailleurs &#187;&#8230; tandis que les &lt;i&gt;Vazimba&lt;/i&gt;, ces &#171; premiers habitants &#187; qu'on aurait supplant&#233;s / d&#233;cim&#233;s, servaient &#224; l&#233;gitimer l'ordre par l'ant&#233;riorit&#233; et la conqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la hi&#233;rarchie qui nous a divis&#233;s&#8230; c'est cette habitude de lire le rang dans l'origine&#8230; C'est cette grammaire que le colonisateur n'aura plus qu'&#224; durcir et &#224; &#171; prouver &#187; au compas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'une souche plus noble &#171; venue d'ailleurs &#187; est donc, pour une part, endog&#232;ne. Nous nous sommes divis&#233;s nous-m&#234;mes avant qu'on ne nous divise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis arrivent les missionnaires britanniques de la London Missionary Society, qui travaillent main dans la main avec cette aristocratie des Hautes Terres. En &#233;tablissant, &#224; juste titre, la parent&#233; linguistique austron&#233;sienne de notre langue, ils offrent une caution savante &#224; un classement social : l'&#233;lite qu'ils fr&#233;quentaient, plus claire, se trouvait rattach&#233;e &#224; une lign&#233;e asiatique &#171; distincte &#187; des peuples c&#244;tiers. La linguistique, qui disait vrai, s'est alors mise au service d'un pr&#233;jug&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis vient la main coloniale&#8230; la plus lourde. L'&#339;uvre monumentale d'Alfred Grandidier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alfred Grandidier &#8212; Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avec ses classifications ethnographiques relay&#233;es opportun&#233;ment par l'administration, fige la population malgache en une vingtaine de &#171; tribus &#187; aux fronti&#232;res nettes (Merina, Betsileo, Sakalava&#8230;). Mais Grandidier et l'administration ne d&#233;crivent pas des groupes pr&#233;existants aux identit&#233;s en r&#233;alit&#233; fluides et m&#234;l&#233;es &#8212; ils les &lt;i&gt;cr&#233;ent&lt;/i&gt;&#8230; souvent pour les besoins du recensement et du gouvernement colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Gallieni transforme cet outil en instrument de gouvernement. Sa &lt;strong&gt;politique des races&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La politique des races de Gallieni (gouverneur g&#233;n&#233;ral de 1896 &#224; 1905) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a fait tr&#232;s exactement ce que son nom annon&#231;ait : apr&#232;s avoir bris&#233; l'h&#233;g&#233;monie merina, elle r&#233;ifia la cat&#233;gorie &#171; c&#244;tiers &#187;&#8230; pour dresser les p&#233;riph&#233;ries contre le centre. Diviser pour r&#233;gner exige des fronti&#232;res ethniques stables ; l'administration les fabrique, m&#232;tre-ruban et compas cr&#226;nien &#224; l'appui, &lt;i&gt;dolichoc&#233;phales&lt;/i&gt; contre &lt;i&gt;brachyc&#233;phales&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le vocabulaire de l'anthropologie raciale de l'&#233;poque, qui pr&#233;tendait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans le grand d&#233;lire classificatoire de l'&#233;poque. Le mod&#232;le en mille-feuille &#8212; les Asiatiques dessus, les Africains dessous &#8212; n'est pas une lecture de notre pass&#233; : c'est une &lt;strong&gt;grille de commandement&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qu'il faut nommer, sans d&#233;tour : le r&#233;cit dominant de nos origines n'est pas un r&#233;sum&#233; neutre du savoir. Il s&#233;lectionne, arrange et hi&#233;rarchise les donn&#233;es au service d'un int&#233;r&#234;t &#8212; hier l&#233;gitimer une aristocratie ou un pouvoir colonial, aujourd'hui nourrir des rivalit&#233;s &#233;lectorales. Un projet politique d&#233;guis&#233; en savoir objectif.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;coupler l'origine de la hi&#233;rarchie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'on m'entende bien : il ne s'agit pas de nier les briques du r&#233;cit. La parent&#233; avec le ma'anyan de Born&#233;o est r&#233;elle. Le fond bantou l'est tout autant. La g&#233;n&#233;tique elle-m&#234;me &#8212; l'&#233;tude, souvent cit&#233;e, qui sugg&#232;re une poign&#233;e de fondatrices &#224; l'origine de la population &#8212; confirme le double apport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diversit&#233; de nos origines est notre patrimoine ; le classement de ces origines est une greffe &#233;trang&#232;re &#8212; aristocratique, puis coloniale. Et le seul h&#233;ritage vraiment allog&#232;ne que nous portons encore, ce n'est pas le sang asiatique ni le sang africain : c'est la hi&#233;rarchie qu'on a plaqu&#233;e sur notre brassage pour mieux nous tenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien Pier Larson&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;History and Memory in the Age of Enslavement : Becoming Merina in Highland (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a montr&#233;, que l'identit&#233; &#171; merina &#187; elle-m&#234;me, et la standardisation de notre langue, sont en grande partie des produits de l'&#232;re de la traite et de la &#171; cr&#233;olisation &#187; : des populations d'origine diverse, brutalement mises en contact dans le cadre de l'esclavage, y ont produit une culture et une identit&#233; nouvelles. Le groupe suppos&#233; &#171; le plus pur &#187; et &#171; le plus ancien &#187; n'est donc pas une essence primordiale surgie du fond des &#226;ges, mais lui aussi une construction r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe, en amont, aucun peuple ant&#233;rieur et intact dont on pourrait r&#233;clamer l'h&#233;ritage exclusif&#8230; Et toc !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que le mensonge nous cache&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On touche ici au plus grave : cette rivalit&#233; ethnique &lt;strong&gt;fabriqu&#233;e&lt;/strong&gt; n'est pas seulement fausse, elle est &lt;strong&gt;utile&lt;/strong&gt; &#224; qui veut d&#233;tourner notre regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;tendre d&#233;passer la fausse guerre merina/c&#244;tiers, ce n'est surtout pas demander &#224; quiconque d'oublier les injustices bien r&#233;elles. C'est bien l'inverse : c'est comprendre que le r&#233;cit ethnique est pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;cran de fum&#233;e qui nous emp&#234;che de les voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme, on le conna&#238;t : quand une crise &#233;clate &#8212; accaparement des terres, mis&#232;re d'une r&#233;gion, captation d'un march&#233; public &#8212;, on nous la pr&#233;sente comme un vieil antagonisme entre Merina et c&#244;tiers. L'indignation se d&#233;tourne alors vers l'ethnie : on cherche le coupable dans &#171; l'autre groupe &#187; plut&#244;t que dans le syst&#232;me qui produit l'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce syst&#232;me n'a pas de couleur. &lt;strong&gt;L'oligarchie qui capte la rente se recrute aussi bien sur les Hautes Terres que sur les c&#244;tes&lt;/strong&gt; ; le centralisme qui &#233;touffe les r&#233;gions sert des int&#233;r&#234;ts, pas une &#171; race &#187;. Mais tant que la col&#232;re reste capt&#233;e par le clivage ethnique, elle ne remonte jamais jusqu'&#224; sa vraie cause : le peuple se divise horizontalement &#8212; r&#233;gion contre r&#233;gion &#8212; au lieu de regarder verticalement, vers ceux qui gouvernent et profitent. Le r&#233;cit ethnique occupe le regard, d&#233;signe de faux adversaires, prot&#232;ge les vrais b&#233;n&#233;ficiaires. D&#233;noncer les fausses rivalit&#233;s d'origine, ce n'est donc pas minimiser les injustices : c'est &#233;carter le rideau qui les dissimule, pour enfin les combattre l&#224; o&#249; elles se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que nous lisons 1972, 2002, 2009, 2025 comme un affrontement de &#171; races &#187; malgaches, nous ne verrons pas les v&#233;ritables lignes de fracture. Les in&#233;galit&#233;s de d&#233;veloppement entre le centre et les p&#233;riph&#233;ries sont un fait ; elles n'ont pas besoin de l'alibi ethnique, elles n'en ont m&#234;me que faire. L'ethnie est le d&#233;guisement que rev&#234;t la lutte pour la rente pour se faire passer pour une fatalit&#233; ancestrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;approprier la v&#233;rit&#233; de notre peuplement a donc un b&#233;n&#233;fice tr&#232;s concret : en retirant l'alibi, on rend enfin visibles les vraies fractures. Ce n'est pas un apaisement de fa&#231;ade. C'est un d&#233;sarmement &#8212; celui du meilleur &#233;cran des puissants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Reprendre la plume, et le regard&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste une derni&#232;re question, qui les r&#233;sume toutes : qui a &#233;crit cette histoire ? La LMS, Grandidier, l'administration coloniale, la craniom&#233;trie. D'autres, presque toujours, et pour des raisons qui n'&#233;taient pas les n&#244;tres. Nous nous sommes pens&#233;s, pendant plus d'un si&#232;cle, dans des cat&#233;gories forg&#233;es pour &#234;tre gouvern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croit d'ordinaire qu'un pays devient souverain le jour o&#249; il obtient son drapeau, sa monnaie, son si&#232;ge aux Nations unies. Ce sont l&#224; les signes visibles de l'ind&#233;pendance ; ils ne suffisent pas. Il existe une souverainet&#233; plus profonde, et plus difficile &#224; conqu&#233;rir : celle du r&#233;cit &#8212; le pouvoir de dire soi-m&#234;me qui l'on est, d'o&#249; l'on vient, ce que l'on a &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car un peuple ne se d&#233;finit pas seulement par un territoire, mais par l'histoire qu'il se raconte. Cette histoire &#233;tablit qui appartient &#224; la nation et qui lui est &#233;tranger, qui a le droit de gouverner et au nom de quoi, ce dont on doit &#234;tre fier et ce dont on doit avoir honte. Celui qui l'&#233;crit tient, en r&#233;alit&#233;, les cl&#233;s de l'identit&#233; collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce r&#233;cit, nous ne l'avons pas &#233;crit : il fut r&#233;dig&#233; pour nous tenir &#8212; pour nous diviser en tribus, nous hi&#233;rarchiser, nous rendre plus faciles &#224; administrer. Nous avons h&#233;rit&#233; d'un pays dont l'acte de naissance porte la main m&#234;me qui voulait le poss&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rabaisser le drapeau colonial ne suffit pas si l'on continue de se penser dans les cat&#233;gories que le colonisateur a forg&#233;es. Tant que nous nous lisons avec sa grille &#8212; vagues, rangs, races &#8212;, une part de notre esprit reste colonis&#233;e&#8230; quand bien m&#234;me le territoire ne l'est plus. La v&#233;ritable ind&#233;pendance exige donc ce dernier geste, le plus intime : reprendre la plume, et r&#233;&#233;crire nous-m&#234;mes notre commencement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes le peuple qui n'existait nulle part. C'est la plus solide des fondations : nul ne peut nous renvoyer &#171; chez nous &#187;, car il n'y a pas d'ailleurs &#8212; il n'y a que cette &#238;le, et ce que nous y avons fait ensemble. Il ne tient qu'&#224; nous de le relire, et de le r&#233;&#233;crire, enfin de notre propre main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il est ais&#233; de d&#233;noncer un mensonge, il est autrement plus exigeant de (re)b&#226;tir la v&#233;rit&#233; qui doit en prendre la place. La nature a horreur du vide&#8230; Si nous nous contentons de dire &#171; le r&#233;cit des vagues et des rangs est faux &#187;, sans rien construire &#224; sa suite, il reviendra &#8212; car il est d&#233;j&#224; l&#224;, dans les manuels, dans les blagues, dans les r&#233;flexes &#233;lectoraux, dans la bouche des a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se r&#233;approprier notre histoire n'est pas un acte de d&#233;molition. C'est un chantier. Et tout chantier commence par des fondations, des outils, des mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(on en parlera dans les prochaines chroniques de Rafetsy)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) Juillet 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11559667686a67d9701f0f34.03750348&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alfred Grandidier &#8212; &lt;i&gt;Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La politique des races&lt;/i&gt; de Gallieni (gouverneur g&#233;n&#233;ral de 1896 &#224; 1905) consistait &#224; administrer chaque &#171; race &#187; malgache s&#233;par&#233;ment, selon son pr&#233;tendu caract&#232;re propre, plut&#244;t que comme une nation unie. Un pur &lt;i&gt;diviser pour r&#233;gner&lt;/i&gt;, qui transforma des cat&#233;gories ethniques fluides en r&#233;alit&#233;s administratives fig&#233;es &#8212; et pr&#233;vint ainsi toute r&#233;sistance nationale unifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est le vocabulaire de l'anthropologie raciale de l'&#233;poque, qui pr&#233;tendait classer les humains d'apr&#232;s la forme du cr&#226;ne, mesur&#233;e &#224; l'indice c&#233;phalique. Les &lt;i&gt;dolichoc&#233;phales&lt;/i&gt; ont le cr&#226;ne allong&#233; (long d'avant en arri&#232;re), les &lt;i&gt;brachyc&#233;phales&lt;/i&gt; le cr&#226;ne court et large. Les tenants de cette pseudoscience coloniale se servaient de ces mesures pour &#171; prouver &#187; des origines distinctes &#8212; cr&#226;ne allong&#233; &#171; africain &#187; contre cr&#226;ne rond &#171; asiatique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;History and Memory in the Age of Enslavement : Becoming Merina in Highland Madagascar, 1770&#8211;1822&lt;/i&gt;, Heinemann / James Currey / David Philip, coll. &#171; Social History of Africa &#187;, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les chroniques de Rafetsy &#8211; Le mouvement Ady Fototra : reconstruire la confiance</title>
		<link>https://mobile.madagascar-tribune.com/Les-chroniques-de-Rafetsy-Le-mouvement-Ady-Fototra-reconstruire-la-confiance.html</link>
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		<dc:date>2026-06-22T05:57:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cette chronique veut marquer un tournant &#233;ditorial : l&#8216;evolution de Ragidro &#224; Rafetsy&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
De l'observation politiste critique, il s'agit de s'&#233;tendre d&#233;sormais &#224; un souci de diss&#233;quer, valoriser et th&#233;oriser les initiatives, citoyennes en particulier ( les &#171; p&#233;pites &#187; dirait une jeune amie ), jug&#233;es &#224; fort impact. L'&#233;valuation du mouvement Ady Fototra / Move On refl&#232;tera la premi&#232;re illustration de cette ligne &#233;ditoriale : il ne s'agit plus seulement de commenter la crise malgache, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mobile.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-51-4044a.jpg?1783753807' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette chronique veut marquer un tournant &#233;ditorial : l&#8216;evolution de Ragidro &#224; Rafetsy&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'observation politiste critique, il s'agit de s'&#233;tendre d&#233;sormais &#224; un souci de diss&#233;quer, valoriser et th&#233;oriser les initiatives, citoyennes en particulier ( les &#171; p&#233;pites &#187; dirait une jeune amie ), jug&#233;es &#224; fort impact. L'&#233;valuation du mouvement Ady Fototra / Move On refl&#232;tera la premi&#232;re illustration de cette ligne &#233;ditoriale : il ne s'agit plus seulement de commenter la crise malgache, la soci&#233;t&#233; ou la g&#233;opolitique, mais d'analyser les laboratoires d'ing&#233;nierie sociale qui foisonnent et ici qui fusionnent philosophie endog&#232;ne et modernit&#233; manag&#233;riale pour transformer durablement la Grande &#206;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20734 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://mobile.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/adyfototra.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/adyfototra-3bc57.jpg?1782107871' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background-color:powderblue;&#034;&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 2018 &#224; Antananarivo, le mouvement Move On se constitue en cellule de coaching et d'incubation, avant de lancer sa premi&#232;re action de terrain en f&#233;vrier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette dynamique na&#238;t &lt;a href=&#034;https://adyfototra.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ady Fototra&lt;/a&gt; &#8212; &#171; la lutte pour les fondations &#187; &#8212;, mouvement citoyen qui se d&#233;ploie autour de trois axes : l'&#233;ducation et le r&#233;armement des consciences (programme Famoha), l'environnement et le reboisement (HETSORO, ROHIAINA), la culture et la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses r&#233;alisations vont du dessalement de l'eau dans l'Androy au soutien &#224; la fili&#232;re vanille de Manakara, des tourn&#233;es &#171; Lecture en Rire &#187;, jusqu'&#224; la sensibilisation civique dans les &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement revendique aujourd'hui dix-huit p&#244;les, des antennes dans une quinzaine de localit&#233;s et une pr&#233;sence diasporique sur cinq pays &#8212; un maillage enti&#232;rement b&#233;n&#233;vole, du Sud aride aux relais de France et des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; quoi un mouvement citoyen n&#233; d'une crise doit-il d'abord s'attaquer ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;pond : &#224; la conscience du citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est forte. Elle affirme qu'aucune transformation durable ne viendra d'institutions que l'on attendrait, immobiles, qu'elles se r&#233;forment d'elles-m&#234;mes. Le changement commence plus bas : dans les comportements, les liens, la capacit&#233; &#224; agir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le mal malgache ne tient pas seulement &#224; des consciences assoupies. Il tient aussi &#224; un vide. D'un c&#244;t&#233;, le &lt;i&gt;fanjakana&lt;/i&gt; : un pouvoir trop souvent v&#233;cu comme lointain, ext&#233;rieur, pr&#233;dateur. Le pouvoir du colon hier. Celui des r&#233;seaux et des int&#233;r&#234;ts capt&#233;s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre, l'individu&#8230; Et entre les deux un &#171; presque &#187; plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; tenaient autrefois le &lt;i&gt;fihavanana&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;fokonolona&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;dina&lt;/i&gt;, des d&#233;cennies d'anomie en ont d&#233;fait le tissu. Ni l'&#201;tat, ni le march&#233;, ni les partis n'en ont r&#233;ellement rempli l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le vide social n'est jamais neutre. Le clan s'y installe. Le client&#233;lisme s'y nourrit. L'homme providentiel y propose une appartenance pr&#234;te &#224; l'emploi. L'individu isol&#233; devient disponible pour toutes les captures. La solitude est la mati&#232;re premi&#232;re des emprises. Un peuple dispers&#233; se gouverne ais&#233;ment. Un peuple reli&#233; discute, contr&#244;le et r&#233;siste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai probl&#232;me n'est pas qu'on ait &#224; faire face &#224; des consciences &#171; assoupies &#187; &#8230; Le vrai probl&#232;me c'est qu'on ait install&#233; les consciences dans la d&#233;fiance&#8230; Ces consciences o&#249; s'est ancr&#233;e la conviction, acquise &#224; force de d&#233;ceptions, de frustrations que l'autre finira par trahir, que le bien commun sera d&#233;tourn&#233;, que celui qui s'engage poursuit un int&#233;r&#234;t cach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors chacun se retire. Le commun se d&#233;grade, l'espace public se vide. La d&#233;fiance nourrit l'abandon ; l'abandon confirme la d&#233;fiance. Ce cercle n'a rien d'une fatalit&#233; culturelle. Il r&#233;sulte d'une histoire, de rapports de pouvoir, d'institutions ab&#238;m&#233;es et de promesses trop souvent trahies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'Ady Fototra trouve sa raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ne cherche pas &#224; conqu&#233;rir l'&#201;tat. Il tente de (re)construire ce qui manque entre l'&#201;tat et l'individu : un espace o&#249; les citoyens agissent ensemble &#8230; Un moment o&#249; la confiance redevient une exp&#233;rience avant d'&#234;tre un discours. Reconstruire un &#171; nous &#187; n'est pas acqu&#233;rir un suppl&#233;ment d'&#226;me. C'est un acte politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La confiance par la preuve&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La premi&#232;re force&lt;/strong&gt; d'Ady Fototra est de relier ce que les politiques publiques et l'aide au d&#233;veloppement ont tendance &#224; d&#233;couper. &#8230; L'&#233;cole d'un c&#244;t&#233;. L'environnement de l'autre. L'emploi ailleurs. Comme si une communaut&#233; vivait par secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra proc&#232;de autrement. Dans le Sud, restaurer les sols, produire des l&#233;gumes et renforcer l'autonomie alimentaire rel&#232;vent d'un m&#234;me geste. &#192; Tamatave, une action de salubrit&#233; devient un apprentissage &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bien commun existe vraiment lorsqu'il rassemble plusieurs acteurs. C'est ainsi que commence un collectif : non par une proclamation, mais par une t&#226;che partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me force&lt;/strong&gt; : le mouvement ne pr&#233;tend pas transformer les territoires en passant au-dessus d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Androy, il compose avec les autorit&#233;s coutumi&#232;res qui conservent une l&#233;gitimit&#233;. &#192; Betafo, il sollicite les anciens. Dans plusieurs antennes, il travaille avec les structures existantes au lieu de leur substituer un mod&#232;le con&#231;u ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement &#233;choue souvent moins par manque d'id&#233;es que par d&#233;faut d'ancrage. Une solution peut &#234;tre techniquement juste et socialement inop&#233;rante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra cherche &#224; r&#233;-irriguer les formes locales de coop&#233;ration. Il ne s'agit pas d'id&#233;aliser le pass&#233;, mais de reconna&#238;tre que la transformation devient plus solide lorsqu'elle s'appuie sur des l&#233;gitimit&#233;s comprises et reconnues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me force : le b&#233;n&#233;volat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte o&#249; l'engagement est vite soup&#231;onn&#233; d'&#234;tre int&#233;ress&#233; ou instrumentalis&#233;, donner son temps n'est pas seulement une vertu morale. C'est une preuve. La confiance ne revient pas parce que quelqu'un affirme servir le peuple. Elle revient lorsqu'un comportement co&#251;te quelque chose &#224; celui qui l'adopte, &#224; savoir du temps, de l'&#233;nergie au d&#233;triment de son propre confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le b&#233;n&#233;volat ne r&#232;glera &#233;videmment pas tout. Il ne doit surtout pas devenir un mod&#232;le &#233;conomique permanent. Mais lorsqu'un collectif se constitue de cette mani&#232;re, il envoie un signal puissant : tout n'est pas &#224; vendre, tout engagement ne cache pas une rente. Cet engagement gratuit (d&#233;sint&#233;ress&#233; ?) ouvre une br&#232;che dans le mur la d&#233;fiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatri&#232;me force : personne ne semble devoir tout commander.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les antennes gardent leurs noms, leurs priorit&#233;s, leur mani&#232;re d'agir. Le m&#234;me mouvement peut soutenir la vanille &#224; Manakara, travailler sur l'eau dans le Sud, nettoyer &#224; Tamatave ou d&#233;velopper des actions &#233;ducatives ailleurs. Cette diversit&#233; peut devenir une forme de robustesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation pyramidale concentre la vision, la d&#233;cision et la l&#233;gitimit&#233; au sommet. Elle gagne en lisibilit&#233;, mais devient vuln&#233;rable &#224; la captation. Une organisation en r&#233;seau r&#233;partit le pouvoir. Elle accepte une part de d&#233;sordre, mais rend l'appropriation locale possible. La confiance ne reste plus suspendue &#224; une personnalit&#233; centrale&#8230; elle se consolide entre des personnes qui se voient agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'intuition est juste : le pays ne se reconstruira pas depuis un centre monoc&#233;phale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinqui&#232;me force : la diaspora n'est pas seulement sollicit&#233;e pour financer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convoqu&#233;e (grossi&#232;rement et maladroitement) pour payer, elle reste &#233;videmment &#224; l'ext&#233;rieur&#8230; Invit&#233;e &#224; agir, elle apporte autre chose que de l'argent : des comp&#233;tences, des r&#233;seaux, des d&#233;bouch&#233;s, une capacit&#233; de m&#233;diation. Et elle retrouve surtout une place dans le &#171; nous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part ampielezana ne nie pas l'appartenance. Mais celle-ci s'affaiblit lorsqu'on veut ne la traduire que par des transferts financiers. Impliquer la diaspora dans l'action doit permettre de recoudre une partie de la d&#233;chirure. Le collectif national ne doit pas s'arr&#234;ter aux fronti&#232;res de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra qui relie entre elles ces cinq forces dessine une m&#233;thode et ne se limite pas &#224; enseigner le civisme. Il cr&#233;e des situations o&#249; des personnes coop&#232;rent, se rendent utiles et d&#233;couvrent qu'elles peuvent compter les unes sur les autres&#8230; C'est ainsi que la confiance se reconstruit : par des actes r&#233;p&#233;t&#233;s, visibles et individuellement couteux en termes d'engagement personnel&#8230; On ne d&#233;cr&#232;te pas un peuple. On le tisse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La ligne de cr&#234;te&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste une tension : il existe deux mani&#232;res de former un collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re consiste &#224; faire ensemble, puis &#224; d&#233;couvrir, dans l'action, que la coop&#233;ration est possible. Cette voie produit de l'autonomie&#8230; chacun apprend &#224; juger, d&#233;cider, prendre sa part et r&#233;pondre de ses choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde consiste &#224; fixer des r&#232;gles, des valeurs, des engagements, une discipline commune. Les &lt;i&gt;Didy Folo Hafatra&lt;/i&gt; rel&#232;vent de cette logique. Ils donnent un cadre et rendent l'appartenance lisible parce qu'un collectif a en effet besoin de rep&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une charte peut prot&#233;ger l'action et rappeler les exigences&#8230; de probit&#233; et de respect en particulier. Mais le cadre doit caract&#233;riser un appui, un support &#8230; Il ne peut pas et ne doit pas constituer tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiance ne peut en effet se commander&#8230; Tout comme l'appartenance ne peut s'ordonner &#8230; On ne convainc pas durablement un citoyen que son pays lui appartient en lui demandant seulement de r&#233;citer les conditionnalit&#233;s d'une bonne conduite qu'on lui aura &#233;dict&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque serait de ramener un probl&#232;me politique (i.e la corruption, la collusion av&#233;r&#233;es et reconnues en d&#233;faillance de l'Etat) &#224; une tare individuelle exprim&#233;e en manque de confiance, de discipline, de volont&#233;&#8230; ou de &#171; bonne mentalit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption, la captation des richesses, l'in&#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux services publics et la faiblesse de la justice ne rel&#232;vent pas de probl&#232;mes de d&#233;veloppement personnel de l'individu. Et on ne peut pas rendre les citoyens personnellement responsables des tares qu'ils subissent. Je sais : &#171; on a les dirigeants qu'on m&#233;rite &#187; dit l'adage&#8230; La formule, qui a tendance &#224; disculper les politiques, atteint ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force d'Ady Fototra se situe dans l'articulation des deux niveaux : faire grandir l'individu sans absoudre le syst&#232;me &#8230; Restaurer la responsabilit&#233; personnelle sans effacer la responsabilit&#233; publique &#8230; R&#233;habiliter l'effort sans transformer l'injustice en insuffisance morale des victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement des mentalit&#233;s ne pr&#233;c&#232;de pas m&#233;caniquement celui de la gouvernance. Les deux avancent ensemble. Des institutions plus justes rendent la confiance rationnelle. Des citoyens mieux organis&#233;s obligent les institutions &#224; devenir plus justes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra semble le plus convaincant lorsqu'il fait de cette relation une pratique : des personnes agissent, cr&#233;ent du commun, mesurent ce qu'elles peuvent accomplir, puis deviennent plus exigeantes envers elles-m&#234;mes et envers le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vocation n'est donc peut-&#234;tre pas de commander la confiance. Elle est de lui donner des raisons de revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) &#8211; 21/06/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Rafetsy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11559667686a67d9701f0f34.03750348&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://adyfototra.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://adyfototra.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Minist&#232;re de l'injustice ?</title>
		<link>https://mobile.madagascar-tribune.com/Ministere-de-l-injustice.html</link>
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		<dc:date>2026-06-04T04:26:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ikala Paingotra</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Hier, le jour cens&#233; &#234;tre le premier de la Conf&#233;rence nationale a finalement pris la forme d'une simple r&#233;union entre l'Ex&#233;cutif et les chefs d'&#201;glises du FFKM. &#192; son issue, la Pr&#233;sidence de la refondation de la R&#233;publique de Madagascar a publi&#233; un communiqu&#233; sur sa page Facebook, soulignant le r&#244;le d'organisateur qui sera d&#233;volu &#224; la FFKM, et annon&#231;ant qu'un Comit&#233; technique va &#234;tre mis en place pour discuter des d&#233;tails de l'organisation de la Conf&#233;rence nationale. Ce report indique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mobile.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L453xH300/min_justice_2-2-7f600.jpg?1783753807' class='spip_logo spip_logo_right' width='453' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20679 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://mobile.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/716842236_122135773617075432_3414456896468335269_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH304/716842236_122135773617075432_3414456896468335269_n-cb446.jpg?1780547196' width='500' height='304' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-20679 '&gt;&lt;strong&gt;Source : Pr&#233;sidence de la Refondation de la R&#233;publique de Madagascar
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hier, le jour cens&#233; &#234;tre le premier de la Conf&#233;rence nationale a finalement pris la forme d'une simple r&#233;union entre l'Ex&#233;cutif et les chefs d'&#201;glises du FFKM. &#192; son issue, la Pr&#233;sidence de la refondation de la R&#233;publique de Madagascar a publi&#233; un communiqu&#233; sur sa page Facebook, soulignant le r&#244;le d'organisateur qui sera d&#233;volu &#224; la FFKM, et annon&#231;ant qu'un Comit&#233; technique va &#234;tre mis en place pour discuter des d&#233;tails de l'organisation de la Conf&#233;rence nationale. Ce report indique clairement une r&#233;alit&#233; : Madagascar n'est pas pr&#234;te. Quelque part, ce deuxi&#232;me report n'est donc pas une mauvaise chose, &#224; condition que ce soit reculer pour mieux sauter, et ne pas chercher &#224; battre le record de Rajoelina d'une Transition &#224; rallonge de cinq ans. Au stade actuel, le niveau d'impr&#233;paration ne pouvait que mener &#224; une Conf&#233;rence nationale b&#226;cl&#233;e, ce qui aurait &#233;t&#233; pr&#233;judiciable eu &#233;gard aux enjeux, et surtout aux espoirs de trouver des solutions pour mettre fin au cycle de crises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233;cessit&#233; de faire de l'&#201;tat de Droit un th&#232;me central.&lt;/strong&gt; Il y a de nombreux th&#232;mes au sujet desquels un dialogue inclusif et sinc&#232;re est une condition&lt;i&gt; sine qua non&lt;/i&gt; &#224; une Conf&#233;rence nationale fructueuse. Parmi ceux-ci, la mise en place d'un v&#233;ritable &#201;tat de Droit doit &#234;tre un axe fondamental. Comment faire en sorte que tous, gouvernants comme gouvern&#233;s, soient assujettis &#224; la Loi ? Cela implique la r&#233;solution de nombreux probl&#232;mes, allant de la corruption du syst&#232;me judiciaire &#224; l'ind&#233;pendance des syst&#232;mes de contr&#244;le, en passant (entre autres) par la protection des lanceurs d'alerte et le renforcement des structures de plainte et de dol&#233;ances contre l'&#201;tat. Sans oublier la sanction des fripouilles du monde judiciaire qui profitent de leur statut ou de leurs r&#233;seaux pour faire emprisonner les gens innocents, quitte &#224; produire de faux certificats m&#233;dicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeu de politique politicienne autour de la HCC. &lt;/strong&gt; La r&#233;cente succession de pol&#233;miques de la Haute cour constitutionnelle (HCC) pose de v&#233;ritables questions sur la capacit&#233; du minist&#232;re de la Justice &#224; faire r&#233;gner l'&#201;tat de Droit et &#224; &#234;tre un mod&#232;le dans ce domaine. Quatre sujets sont particuli&#232;rement pol&#233;miques :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; depuis quelques jours, un groupe de d&#233;put&#233;s man&#339;uvre pour &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Remplacement-conteste-a-la-HCC-les-hauts-conseillers-denoncent-une-demarche.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;remplacer deux juges de la HCC &#233;lus par l'Assembl&#233;e nationale&lt;/a&gt;, au m&#233;pris total des r&#232;gles existantes r&#233;gissant cette juridiction.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; quatre juges de la HCC feraient l'objet de poursuites pour &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/La-Haute-Cour-constitutionnelle-de-nouveau-au-coeur-de-la-tempete.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; complot en vue de d&#233;stabilisation &#187;&lt;/a&gt; pour avoir consid&#233;r&#233; recevable la plainte du d&#233;put&#233; Antoine Rajerison visant &#224; demander la destitution du chef de l'&#201;tat pour des &#171; violations graves et r&#233;p&#233;t&#233;es de la Constitution &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/1799517/politique/la-haute-cour-de-madagascar-rejette-la-demande-de-destitution-du-colonel-randrianirina/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la plainte du d&#233;put&#233; Rajerison a toutefois &#233;t&#233; rejet&#233;e&lt;/a&gt; sous pr&#233;texte qu'un seul d&#233;put&#233; ne peut saisir la HCC. Pourtant, en octobre 2025, celle-ci avait autoris&#233; un seul d&#233;put&#233; &#224; le faire, ouvrant la voie &#224; un adoubement juridique du pouvoir acquis dans la rue.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la ministre de la Justice s'est permis de r&#233;v&#233;ler le secret des d&#233;liberations de la HCC au sujet de la plainte du d&#233;put&#233; Rajerison.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une dictature de la pens&#233;e unique ? &lt;/strong&gt; Ce qui pr&#233;c&#232;de rappelle la pol&#233;mique qui avait d&#233;j&#224; entour&#233; la fausse d&#233;mission ayant servi de pr&#233;texte a&lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/HCC-les-trois-nouveaux-membres.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;u remplacement de trois membres de la HCC il y a quelques mois&lt;/a&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ceci illustre une volont&#233; d'instaurer une dictature de la pens&#233;e unique, en foulant aux pieds l'ind&#233;pendance de la Justice et les dispositions constitutionnelles, &lt;a href=&#034;https://www.mef.gov.mg/dgcf/textes-pdf/constitution/CONSTITUTION-IV.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;qui indiquent en leur article 108&lt;/a&gt; que : &#171; &lt;i&gt;Dans leurs activit&#233;s juridictionnelles, les Magistrats du si&#232;ge, les juges et assesseurs sont ind&#233;pendants et ne sont soumis qu'&#224; la Constitution et &#224; la loi. &#192; ce titre, hors les cas pr&#233;vus par la loi et sous r&#233;serve du pouvoir disciplinaire, ils ne peuvent, en aucune mani&#232;re, &#234;tre inqui&#233;t&#233;s dans l'exercice de leurs fonctions&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La ministre de la Justice critiqu&#233;e par la magistrature. &lt;/strong&gt; Situation suffisamment rare pour &#234;tre signal&#233;e : la ministre Fanirisoa Ernaivo a &#233;t&#233; rappel&#233;e &#224; l'ordre &#224; la fois &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/La-HCC-inflige-un-severe-rappel-a-l-ordre-a-Fanirisoa-Ernaivo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par la HCC&lt;/a&gt; et par le Syndicat des magistrats. Cela interroge encore une fois sur la comp&#233;tence et la mentalit&#233; de cette ministre de la Justice, qui montre qu'un titre ne fait pas l'expertise. Madagascar paye ici le choix de donner la direction de ce minist&#232;re-cl&#233; &#224; quelqu'un dont la notori&#233;t&#233; est plus b&#226;tie sur son c&#244;t&#233; &#8220;grande gueule&#8221; que sa ma&#238;trise du Droit. Il est quand m&#234;me curieux que cela ne g&#234;ne personne que le portefeuille du minist&#232;re de la Justice ait &#233;t&#233; attribu&#233; &#224; un magistrat qui a &#233;t&#233;, &#224; juste titre, vir&#233; de ce corps pour comportement ind&#233;licat. La liste des d&#233;rapages &#233;tant d&#233;j&#224; longue, on s'abstiendra de rappeler de &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Les-coups-de-griffes-du-samedi-22,18878.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sombres histoires de parking&lt;/a&gt; qui ne sont gu&#232;re &#224; son honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une abonn&#233;e aux d&#233;rapages.&lt;/strong&gt; Le Colonel Randrianirina et le Premier ministre Rajaonarison sont invit&#233;s &#224; m&#233;diter sur ces &#233;carts &#224; la Loi, qui illustrent la mentalit&#233; de Fanirisoa Ernaivo, et dont les d&#233;rapages nuisent &#224; l'image de la Refondation. Cela risque de s'aggraver &#224; l'approche de la pr&#233;sidentielle, car le personnage dont l'ambition est bien connue, va multiplier l'agitation m&#233;diatique et les d&#233;rapages verbaux dont elle est coutumi&#232;re. Cela a d'ailleurs &#233;t&#233; la cause de sa r&#233;vocation bien m&#233;rit&#233;e de la magistrature. Et puisqu'on est dans le th&#232;me des souvenirs, on rappellera qu'il y a quelques mois, un journaliste au service du pouvoir actuel avait &#233;t&#233; autoris&#233; &#224; prendre des images d'une personne en d&#233;tention, et les a ensuite diffus&#233;es, en totale violation de la Loi en vigueur, dans le simple but d'humilier la d&#233;tenue. Bref, autant de faits qui font d&#233;sordre dans un secteur de la Justice syst&#233;matiquement point&#233; du doigt dans toutes les enqu&#234;tes traitant de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une occasion de d&#233;montrer une refondation des pratiques. &lt;/strong&gt; Certes, la HCC a accumul&#233; depuis des d&#233;cennies les raisons valables pour m&#233;riter le m&#233;pris des citoyens, pour ne parler que de ses d&#233;cisions discutables au moment des crises et des litiges &#233;lectoraux, des &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/La-HCC-au-coeur-des-scandales-2-61-milliards-d-ariary-d-indemnites-dans-l-ombre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2,61 milliards d'indemnit&#233; pour ses membres&lt;/a&gt;, ou de l'int&#233;grit&#233; questionnable de certains de ses membres eu &#233;gard &#224; leur pass&#233; de braconnier ou de ministre limog&#233; sous la Transition. Toutefois, la Refondation doit faire l'effort de montrer qu'elle &#339;uvre pour le renouveau des pratiques, au lieu de refaire une application b&#234;te et m&#233;chante du fameux principe &#8220;&lt;i&gt;izahay izao no au pouvoir&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Note : le titre de cet article est celui d'un livre (Jean-Michel D&#233;cugis, Pauline Gu&#233;na et Marc Leplongeon, &lt;i&gt;Minist&#232;re de l'injustice&lt;/i&gt;, Paris, Grasset, 2022, 256 p.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11559667686a67d9701f0f34.03750348&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mpamendrofendro : le nouveau mot-cl&#233; des d&#233;fenseurs du pouvoir</title>
		<link>https://mobile.madagascar-tribune.com/Mpamendrofendro-le-nouveau-mot-cle-des-defenseurs-du-pouvoir.html</link>
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		<dc:date>2026-06-01T04:57:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ndimby A., Patrick A.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelques temps, une formule revient dans la communication du pouvoir et de ses porte-paroles officiels et officieux, solelakistes ou comptes fako : &#171; aza mihaino ny mpamendrofendro &#187;, n'&#233;coutez pas les esprits chagrins. On l'a lue sur les r&#233;seaux sociaux, et on l'a m&#234;me entendue de la bouche de certains dirigeants ces derni&#232;res semaines. Cette r&#233;action face aux critiques, y compris les plus justifi&#233;es, montre une incapacit&#233; &#224; se remettre en question, et le choix de se cantonner (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mobile.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L399xH300/mpamendrofendro-32ed6.jpg?1783756074' class='spip_logo spip_logo_right' width='399' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques temps, une formule revient dans la communication du pouvoir et de ses porte-paroles officiels et officieux, &lt;i&gt;solelakistes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Flagorneurs : &#171; Qui flatte de mani&#232;re excessive et int&#233;ress&#233;e dans le but (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou comptes &lt;i&gt;fako&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;aza mihaino ny mpamendrofendro&lt;/i&gt; &#187;, n'&#233;coutez pas les esprits chagrins&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;finition : &#171; Personne volontairement contrariante. Des esprits chagrins (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On l'a lue sur les r&#233;seaux sociaux, et on l'a m&#234;me entendue de la bouche de certains dirigeants ces derni&#232;res semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;action face aux critiques, y compris les plus justifi&#233;es, montre une incapacit&#233; &#224; se remettre en question, et le choix de se cantonner derri&#232;re l'arrogance et le m&#233;pris. L&#224; encore, c'est un recyclage de m&#233;thode de &lt;i&gt;forongony&lt;/i&gt; : les auteurs de critiques sur Facebook n'avaient-ils pas &#233;t&#233; accus&#233;s par l'&#233;quipe de Rajoelina de ne repr&#233;senter que &#8220;6% d'imb&#233;ciles&#8221; ? Les mots changent, mais l'insulte demeure. L&#224; encore, comme partout ailleurs, le renouveau et la refondation sont des mots qui sonnent creux.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de s'&#233;tonner des man&#339;uvres ill&#233;gales pour remplacer des juges afin de formater une Haute cour constitutionnelle mall&#233;able au vent nouveau ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de d&#233;plorer les intimidations des jeunes de la Gen Z &#224; coups d'arrestations ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de remarquer que le &lt;i&gt;valifaty politika&lt;/i&gt; est devenu une m&#233;thode de gouvernement ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de d&#233;noncer tous les gaspillages d'argent public, y compris dans les pr&#233;tendues op&#233;rations de promotion de la destination Madagascar sans aucune perspective strat&#233;gique ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; d'&#234;tre perplexe sur le manque d'ad&#233;quation formation / exp&#233;rience / int&#233;grit&#233; pour certaines nominations aux hauts emplois de l'&#201;tat ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; d'observer que les violations de l'&#201;tat de Droit et des principes d&#233;mocratiques deviennent un sujet r&#233;current ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de constater que l'emprisonnement de Mamy Ravatomanga n'a pas mis fin &#224; la pr&#233;sence d'un &#8220;PDG&#8221; tr&#232;s actif dans les coulisses du pouvoir ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de voir peu &#224; peu le pays mis dans l'escarcelle des Russes, alors que &#171; notre &#187; r&#233;volution d'Octobre avait pour but de mettre fin &#224; la mainmise des &lt;i&gt;vazaha&lt;/i&gt; sur le pays ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de se demander pourquoi l'utilisation de troupeaux de compte &lt;i&gt;fake&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;trolls&lt;/i&gt;, qui avait &#233;t&#233; reproch&#233;e aux dirigeants d'hier, est une m&#233;thode de &#8220;communication strat&#233;gique&#8221; par les pseudo-strat&#232;ges d'aujourd'hui ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; d'arriver &#224; la conclusion qu'avoir renvers&#233; Rajoelina ne signifie pas avoir renvers&#233; ses id&#233;es et ses m&#233;thodes ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est inqui&#233;tant pour le pr&#233;sent et l'avenir du pays. Mais en r&#233;alit&#233;, rien de ceci n'est &#233;tonnant. Il est illusoire d'attendre d'un clan qui a pris le pouvoir de mani&#232;re anticonstitutionnelle de se pr&#233;occuper de Droit, de redevabilit&#233; ou d'&#233;thique politique. L'exp&#233;rience Rajoelina nous a donn&#233; la le&#231;on : les promesses de ceux qui ne sont pas pass&#233;s par les urnes pour obtenir le pouvoir n'engagent que ceux qui y croient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, accuser ceux qui critiquent de faire les &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; est un mode de d&#233;fense immature qui pousse &#224; d&#233;l&#233;gitimer l'exercice du sens critique, &#224; n'admettre comme seule opinion acceptable que la louange du pouvoir, et &#224; insinuer que toute autre expression serait une atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat, all&#232;grement confondu avec l'accroche du post&#233;rieur des dirigeants &#224; leur fauteuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traiter de &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; ceux qui usent de leur sens critique pour d&#233;noncer les d&#233;rives est une intimidation ; c'est une &#233;tape de la mise en place d'un arsenal r&#233;pressif au nom de la dictature de la pens&#233;e unique. Elle explique les emprisonnements des auteurs d'opinions contradictoires, annonce la couleur &#224; sens unique de la Concertation nationale &#224; venir, et est pr&#233;monitoire de la qualit&#233; des futures &#233;lections. Ceux qui oseront alors parler de pressions et fraudes &#233;lectorales pour favoriser les candidats d'&#201;tat sont avertis : ils seront trait&#233;s de &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; par ceux qui n'arrivent &#224; &#234;tre que des &lt;i&gt;mpampiesona&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20667 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://mobile.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/bekzi1juin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH374/bekzi1juin-3c018.jpg?1780289887' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11559667686a67d9701f0f34.03750348&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Flagorneurs : &#171; Qui flatte de mani&#232;re excessive et int&#233;ress&#233;e dans le but d'obtenir un avantage ou de plaire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;finition : &#171; Personne volontairement contrariante. Des esprits chagrins vont certainement m'objecter que je divague, que j'extravague, que je m'&#233;gare. &#8212; Bernard Tabary, Pr&#233;-histoire : M&#233;moires intimes d'un futur jeune prodige &#187; (&lt;a href=&#034;https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition/esprit-chagrin&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;source&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>2028 : la campagne a-t-elle d&#233;j&#224; commenc&#233; (dans les coulisses du faux) ?</title>
		<link>https://mobile.madagascar-tribune.com/2028-la-campagne-a-t-elle-deja-commence-dans-les-coulisses-du-faux.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://mobile.madagascar-tribune.com/2028-la-campagne-a-t-elle-deja-commence-dans-les-coulisses-du-faux.html</guid>
		<dc:date>2026-05-29T05:24:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Abstract : Ou comment la popularit&#233; num&#233;rique se fabrique-t-elle &#224; la commande ? La page de Siteny aligne 808 000 followers et 96 % d'avis favorables. Mais derri&#232;re un seul post, cinquante profils pass&#233;s syst&#233;matiquement et exhaustivement au crible r&#233;v&#232;lent une arm&#233;e de comptes flambant neufs, orn&#233;s de visages de synth&#232;se. Bienvenue dans le th&#233;&#226;tre du faux consensus, o&#249; l'on cherche d&#233;j&#224; peut-&#234;tre moins &#224; convaincre qu'&#224; dissuader. Eternelle pr&#233;f&#233;rence d'une classe politique qui, une fois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mobile.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L443xH295/logo_720-46-f6aff.jpg?1783751439' class='spip_logo spip_logo_right' width='443' height='295' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : Ou comment la popularit&#233; num&#233;rique se fabrique-t-elle &#224; la commande ? La page de Siteny aligne 808 000 followers et 96 % d'avis favorables. Mais derri&#232;re un seul post, cinquante profils pass&#233;s syst&#233;matiquement et exhaustivement au crible r&#233;v&#232;lent une arm&#233;e de comptes flambant neufs, orn&#233;s de visages de synth&#232;se. Bienvenue dans le th&#233;&#226;tre du faux consensus, o&#249; l'on cherche d&#233;j&#224; peut-&#234;tre moins &#224; convaincre qu'&#224; dissuader. Eternelle pr&#233;f&#233;rence d'une classe politique qui, une fois encore, soigne son image au lieu d'&#233;couter ceux qu'elle pr&#233;tend servir. D&#233;cryptage d'une mise en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L443xH638/illustration-8-e50dc.jpg?1780030727' width='443' height='638' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a des chiffres qui ont la rondeur tranquille de l'&#233;vidence. Voil&#224; ce qu'a offert, un matin, un post sur la page Facebook du pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale : deux nombres align&#233;s comme des m&#233;dailles. 807 000 abonn&#233;s. 97 % d'opinions favorables. Et un message limpide, qui s'en d&#233;gage tout seul : Siteny est un homme appr&#233;ci&#233;. Aim&#233; &#8230; pl&#233;biscit&#233;&#8230; port&#233;. Les 900 000 followers d&#233;j&#224; &#224; port&#233;e de main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'arr&#234;ter l&#224;, hocher la t&#234;te et passer son chemin, comme nous le faisons mille fois par jour devant ces indicateurs abstraits qui ont remplac&#233; le suffrage. 800 000 followers, why not &#8230; La page Andry Rajoelina en compte 1,2M &#8230; Pour ce que &#231;a lui a servi &#8230; Quant &#224; RA8, &#224; titre indicatif, il en recense 1100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le 96 % interpelle. Quatre-vingt-seize pour cent de gens contents&#8230; d'un homme politique ? &#192; Madagascar ? En 2026 ? Dans un pays qui n'est pas sorti de l'effondrement, qui se d&#233;chire sur la rue et les treillis, sur Base Toliara, sur les amiti&#233;s russes et les financements de Duba&#239; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait mati&#232;re &#224; douter. La politique, par construction, divise, clive, agace. Un score d'unanimit&#233; sovi&#233;tique &#8212; tiens donc &#8212; ne d&#233;crit jamais une opinion. Il d&#233;crit une mise en sc&#232;ne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La descente dans la salle des machines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne fallait pas m'interpeller&#8230; J'ai donc fait cette chose incongrue &#224; l'&#232;re du zapping : j'ai cliqu&#233;, cliqu&#233;, cliqu&#233;. Non pas sur le score &#8212; mais sur les profils cens&#233;s se presser derri&#232;re. Le post &#233;tait une &#171; &lt;strong&gt;belle b&#234;te&lt;/strong&gt; &#187; : 9 100 like, 2 000 commentaires, 259 partages. J'ai relev&#233; &#224; la main &lt;strong&gt;strictement les soixante premiers&lt;/strong&gt; commentateurs : nom, sexe, date de cr&#233;ation, nombre de followers ou d'amis, nombre de publications. Boulot de greffier &#8212; l'ennui m&#233;thodique de celui qui compte les fagots pendant que les autres admirent le feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et se r&#233;v&#232;lent des fissures. Premi&#232;re fissure : les dates de cr&#233;ation. Une grappe enti&#232;re surgie de nulle part entre fin 2025 et d&#233;but 2026. Huit en d&#233;cembre. Onze en janvier. D'autres en f&#233;vrier, mars, avril. Une quarantaine de profils flambant neufs, peu d'abonn&#233;s, peu de publications, &#233;clos juste &#224; temps pour la f&#234;te&#8230; des taux d'adh&#233;sion qui contredisent un nombre de publications d&#233;risoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or Siteny n'est pas un nouveau-n&#233; de la vie publique : voil&#224; plus de dix ans qu'il l'arpente. Une vraie audience se s&#233;dimente par couches, par ann&#233;es. Celle-ci &#233;tait tomb&#233;e d'un coup. Comme un d&#233;cor qu'on d&#233;balle avant la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;On n'avait pas une foule de partisans, mais un peuplement : des coquilles v&#234;tues de minois emprunt&#233;s ou r&#234;v&#233;s par un algorithme, align&#233;es pour faire nombre&#8230; faire consensus.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seconde fissure, plus d&#233;rangeante. Une tr&#232;s grande partie de ces profils arboraient des portraits de jeunes femmes&#8230; Invariablement s&#233;duisantes&#8230; Soigneusement &#171; typ&#233;es &#187; &#8230; Normal : &#231;a maximise l'acceptation des demandes d'amis et le taux de clic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que ces femmes n'existent pas : les unes sortent de banques d'images, les autres sont fabriqu&#233;es par intelligence artificielle&#8230; et sans g&#233;nie &#8212; cette anatomie qui se d&#233;robe d&#232;s qu'on insiste du regard, ces rat&#233;s que la machine laisse tra&#238;ner. Un profil masculin aussi, beau gar&#231;on de catalogue. Sur les premiers profils pass&#233;s au crible d'une recherche d'image invers&#233;e : trois sur quatre, FAUX. On n'avait pas une foule de partisans, mais un peuplement : des coquilles v&#234;tues de minois emprunt&#233;s ou r&#234;v&#233;s par un algorithme, align&#233;es pour faire nombre&#8230; faire consensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons honn&#234;te&#8230; Tout n'&#233;tait pas faux : j'y ai aussi crois&#233; de vrais comptes, anciens, vivants, parfois critiques m&#234;me. La page m&#234;le les deux, une audience r&#233;elle et &lt;strong&gt;une amplification artificielle qui la grossit&lt;/strong&gt;. Je p&#232;se mes mots : j'&#233;tablis qu'on gonfle, je n'affirme pas qui &#171; souffle dans le ballon &#187;. Il s'agit de documenter un fait, pas une intention&#8230; et laisser &#224; d'autres le soin des proc&#232;s. Mais le fait, lui, tient debout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'art de vaincre sans combattre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste la question : pourquoi peupler une page d'avenants avatars avenants ? Il faut redescendre de vingt-cinq si&#232;cles, jusqu'&#224; Sun Tzu, qui consignait dans L'Art de la guerre la phrase qui &#233;claire tout : &#171; L'excellence supr&#234;me consiste &#224; soumettre l'ennemi sans combattre. &#187; Le faux consensus comme ici ne cherche pas &#224; convaincre &#8212; il cherche &#224; dissuader l'ennemi, le concurrent. Ces 807 000 abonn&#233;s, ce mur de commentaires laudateurs ne sont pas un argument : ils sont un rempart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message n'est pas &#171; voici pourquoi cet homme a raison &#187;&#8230; Le message dit : &#171; regardez comme il est d&#233;j&#224; puissant &#187;. &#192; quoi bon s'y opposer ? Vous seriez seul. Vous seriez ridicule. Rentrez chez vous. La bataille est gagn&#233;e avant d'&#234;tre livr&#233;e, sans un coup, par la seule mise en sc&#232;ne de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&#171; la preuve sociale &#187; : face &#224; l'incertitude, l'humain se tourne vers ses semblables pour d&#233;cider quoi penser. Le nombre devient boussole.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le ressort log&#233; dans nos t&#234;tes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le plus g&#234;nant, c'est que cela fonctionne &#8212; parce que la man&#339;uvre ne s'attaque pas &#224; nos opinions mais &#224; des m&#233;canismes que nous portons tous de mani&#232;re anthropologique, planqu&#233;s sous la raison. Le premier m&#233;canisme, les psychologues le nomment &#171; la preuve sociale &#187; : face &#224; l'incertitude, l'humain se tourne vers ses semblables pour d&#233;cider quoi penser. Le nombre devient boussole. &#171; Beaucoup approuvent, donc ce doit &#234;tre bon. &#187; Notre jugement, paresseux et gr&#233;gaire, d&#233;l&#232;gue &#224; la foule le soin de trancher. M&#234;me quand la foule est en carton-p&#226;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&#171; la spirale du silence &#187;. Qui se croit minoritaire se tait, par cette peur ancestrale de l'isolement, souvent plus forte que la conviction.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second m&#233;canisme est plus retors : &#171; la spirale du silence &#187;. Qui se croit minoritaire se tait, par cette peur ancestrale de l'isolement, souvent plus forte que la conviction. Et chaque silence &#233;paissit l'illusion majoritaire, qui fait taire le suivant. Le faux consensus fabrique du vrai silence &#224; partir de faux applaudissements. &#192; ce stade, la machine peut s'arr&#234;ter de tourner : elle a fait son nid dans les t&#234;tes et s'entretient toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre sociologue de r&#233;f&#233;rence, G&#233;rald Bronner&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je ne saurais trop recommander de l'excellent Bronner trois ouvrages de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a donn&#233; un nom savant &#224; ce peuple de figurants : &#171; le calibrage social &#187;, cette mani&#232;re dont les r&#233;seaux faussent notre perception de qui est majoritaire. Sur le march&#233; cognitif qu'il d&#233;crit, on ne truque plus seulement l'information &#8212; on truque la popularit&#233;. Et notre cerveau, dans sa gr&#233;garit&#233; ancestrale, y mord &#224; plein neurones. C'est ainsi qu'on gagne sans combattre : non pas &#233;craser l'adversaire, mais le persuader, doucement, qu'il a d&#233;j&#224; perdu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contre-poison &#233;tait &#224; port&#233;e de clic&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que faire, alors, devant un d&#233;cor qu'on sait enfin reconna&#238;tre ? La r&#233;ponse, ironie d&#233;licieuse, g&#238;t dans le m&#234;me vieux livre. Car le strat&#232;ge qui enseignait la ruse enseignait aussi son rem&#232;de : &#171; Connais ton ennemi et connais-toi toi-m&#234;me, tu ne seras jamais en p&#233;ril. &#187; La parade &#224; Sun Tzu, c'est de nouveau Sun Tzu : la connaissance. La v&#233;rification. Le refus obstin&#233; de prendre le compteur pour la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;La d&#233;mocratie num&#233;rique nous a vendu une promesse empoisonn&#233;e : la mesure comme v&#233;rit&#233;, le &#171; like &#187; comme bulletin.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce que j'ai fait ici n'a, je le confesse, rien d'h&#233;ro&#239;que. C'est lent, laborieux, presque sot&#8230; Cliquer. Regarder les visages. Noter des dates sur un tableur. Glisser une photo dans un moteur de recherche invers&#233;e. Voil&#224; tout l'arsenal &#8212; et c'est parce que personne ne prend ce temps que la mise en sc&#232;ne prosp&#232;re. La d&#233;mocratie num&#233;rique nous a vendu une promesse empoisonn&#233;e : le nombre comme v&#233;rit&#233;, le &#171; like &#187; comme bulletin. Mais le nombre ment aussi bien qu'il parle &#8212; d'autant mieux, d&#233;sormais, que les visages s'ach&#232;tent au kilo&#8230; et se g&#233;n&#232;rent &#224; la commande. Bien s&#251;r, beaucoup sur les r&#233;seaux sociaux se cachent derri&#232;re de faux portraits &#8230; C'est le mod&#232;le syst&#233;matique qui interroge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20655 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://mobile.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/faux_1024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH201/faux_1024-5afff.jpg?1780032279' width='500' height='201' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;On rode les outils, on calibre les fermes &#224; comptes, on apprend &#224; fabriquer de la ferveur. Pour le jour o&#249; il faudra fabriquer un vainqueur.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que r&#233;v&#232;le, au fond, cette petite industrie du faux applaudissement ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;pris. Tranquille, presque administratif, de l'&#233;lecteur. Fabriquer un consensus, c'est parier que personne ne v&#233;rifiera. Que les Malgaches gobent les chiffres ronds comme une rumeur de march&#233;. Bref : qu'&lt;strong&gt;on nous prend pour des imb&#233;ciles&lt;/strong&gt;. Et le calendrier donne &#224; ce m&#233;pris toute sa saveur : 2028 approche. Ce n'est probablement pas une lubie de communicant en mal de likes, mais un banc d'essai : on rode les outils, on calibre les fermes &#224; comptes, on apprend &#224; fabriquer de la ferveur. Pour le jour o&#249; il faudra fabriquer un vainqueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;Le citoyen qui doute, qui clique, qui compte les fagots pendant que les autres admirent le feu, exerce la fonction la plus d&#233;mocratique qui soit : la contradiction&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la seule parade qui vaille, et elle n'a rien d'h&#233;ro&#239;que : la vigilance&#8230;T&#234;tue, permanente, ennuyeuse. V&#233;rifier ne doit plus &#234;tre un r&#233;flexe de parano&#239;aque&#8230; c'est un devoir civique. Dans un espace o&#249; la popularit&#233; se truque aussi facilement qu'une photo de profil, le citoyen qui doute, qui clique, qui compte les fagots pendant que les autres admirent le feu, exerce la fonction la plus d&#233;mocratique qui soit : la contradiction. Celle qui emp&#234;che le d&#233;cor de passer pour la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;mocratie ne meurt pas seulement sous les coups de force&#8230; elle s'&#233;tiole aussi sous les consensus fabriqu&#233;s, faute de voix pour dire &#171; ces chiffres mentent &#187;. Le contre-pouvoir tient dans un geste minuscule et obstin&#233; : refuser de croire sur parole. Et le r&#233;p&#233;ter. &#192; chaque chiffre trop rond, &#224; chaque unanimit&#233; trop belle. Jusqu'aux urnes &#8212; et apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) Mai 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11559667686a67d9701f0f34.03750348&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je ne saurais trop recommander de l'excellent Bronner trois ouvrages de r&#233;f&#233;rence : &lt;i&gt;Apocalypse cognitive, La D&#233;mocratie des cr&#233;dules, &#192; l'assaut du r&#233;el&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une Assembl&#233;e d' &#171; honorables &#187; ?</title>
		<link>https://mobile.madagascar-tribune.com/Une-Assemblee-d-honorables.html</link>
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		<dc:date>2026-05-26T06:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ikala Paingotra</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La Loi sur l'acc&#232;s &#224; l'information &#224; caract&#232;re public (LAICP), port&#233;e par la soci&#233;t&#233; civile, &#233;tait cens&#233;e passer en s&#233;ance pleini&#232;re &#224; l'Assembl&#233;e nationale la semaine derni&#232;re, mais finalement, cela n'a pas eu lieu. Les atermoiements &#224; ce sujet montrent le caract&#232;re sensible de ce projet de loi, qui veut essayer de faire bouger les lignes sur de grandes th&#233;matiques comme la corruption, la transparence et la redevabilit&#233;. Ce genre de loi n'a pas le contenu pour enthousiasmer la classe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mobile.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L405xH300/bekzi2405-7368e.jpg?1783751319' class='spip_logo spip_logo_right' width='405' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Loi sur l'acc&#232;s &#224; l'information &#224; caract&#232;re public (LAICP), port&#233;e par la soci&#233;t&#233; civile, &#233;tait cens&#233;e passer en s&#233;ance pleini&#232;re &#224; l'Assembl&#233;e nationale la semaine derni&#232;re, mais finalement, cela n'a pas eu lieu. Les atermoiements &#224; ce sujet montrent le caract&#232;re sensible de ce projet de loi, qui veut essayer de faire bouger les lignes sur de grandes th&#233;matiques comme la corruption, la transparence et la redevabilit&#233;. Ce genre de loi n'a pas le contenu pour enthousiasmer la classe politique, peu connue pour joindre les actes &#224; la parole en mati&#232;re de transparence. Depuis 20 ans, les man&#339;uvres dilatoires se multiplient pour faire obstacle &#224; cette initiative de la soci&#233;t&#233; civile. Celle-ci risque d'attendre encore longtemps, ou au mieux, de la voir un jour vot&#233;e mais expurg&#233;e de tout ce qui pourrait pr&#233;senter un risque pour l'administration publique. Mais qu'on se rassure : m&#234;me vot&#233;e, cette loi ne sera ni la premi&#232;re &#224; &#234;tre transgress&#233;e par les politiciens, &#224; commencer par la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les bruits de couloir, il semblerait en particulier que les d&#233;put&#233;s rechignent &#224; renoncer &#224; leurs discussions habituellement &#224; huis clos. On peut les comprendre : on se souvient que lors d'une session, Christine Razanamahasoa, alors Pr&#233;sidente de l'Assembl&#233;e nationale, avait pris l'initiative louable de faire diffuser en direct sur les m&#233;dias et les r&#233;seaux sociaux les travaux de cette institution. Grande fut la surprise des citoyens en entendant un d&#233;put&#233;, commissaire de police de profession, se plaindre que le Secr&#233;tariat d'&#201;tat &#224; la S&#233;curit&#233; publique ait refus&#233; de prendre en compte ses interventions pour faire admettre les candidats qu'il avait pistonn&#233;s aux concours de la Police nationale. C'est le genre de d&#233;rapages qu'il est pr&#233;f&#233;rable de cacher aux oreilles chastes des quelques citoyens encore &#233;pris d'int&#233;grit&#233;, m&#234;me si c'est assez repr&#233;sentatif des m&#339;urs politiques &#224; Madagascar.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une suspension qui aurait &#233;t&#233; largement m&#233;rit&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une fois de plus l'opportunit&#233; de r&#233;fl&#233;chir sur le r&#244;le jou&#233; par l'Assembl&#233;e nationale dans le paysage politique malgache. On se rappelle avec curiosit&#233; que c'&#233;tait la seule institution qui n'avait pas &#233;t&#233; suspendue par les officiers du Capsat lors de leur prise de pouvoir, ce qui n'&#233;tait pas le cas pour la Constitution, le S&#233;nat, la Cour &#233;lectorale nationale et ind&#233;pendante, la Haute cour de justice, le Haut conseil pour la d&#233;fense des droits de l'homme et de l'&#201;tat de Droit, et la Haute cour constitutionnelle. M&#234;me si on n'&#233;tait pas en p&#233;riode pascale, on a toutefois assist&#233; &#224; la r&#233;surrection quasi-imm&#233;diate de certaines d'entre elles : la suspension annonc&#233;e par le colonel Randrianirina ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de porter serment sur la premi&#232;re devant la derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e nationale n'a donc jamais &#233;t&#233; menac&#233;e par la prise de pouvoir par la junte. Sans doute les alliances &#233;taient d&#233;j&#224; pr&#233;d&#233;finies de fa&#231;on solide, et le r&#244;le pris en octobre 2025 par une poign&#233;e de d&#233;put&#233;s a &#233;t&#233; d&#233;terminant pour &#233;viter de voir le renversement de Rajoelina qualifi&#233; de coup d'&#201;tat. La communaut&#233; internationale s'est cach&#233; les yeux et bouch&#233; le nez : la man&#339;uvre cousue de fil blanc est pass&#233;e comme lettre &#224; la poste, sauf aupr&#232;s de l'Union africaine. Personne n'a soulev&#233; le couvercle de la casserole pour s'interroger sur la mani&#232;re dont ont &#233;t&#233; faites la prise de contr&#244;le par les parlementaires alli&#233;s au Capsat et l'&#233;trange basculement du rapport de forces qui a fait passer en quelques jours la majorit&#233; pro-Rajoelina en majorit&#233; anti-Rajoelina. Personne ne se demandera si le maintien de l'Assembl&#233;e nationale en parall&#232;le &#224; la suspension du S&#233;nat n'&#233;tait pas une man&#339;uvre pour rester le seul ma&#238;tre &#224; bord de la barque parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments de la Gen-Z qui avaient manifest&#233; pour demander la suspension de l'Assembl&#233;e nationale ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s ou intimid&#233;s, afin de les forcer au silence. Pourtant, &#224; bien y r&#233;fl&#233;chir, les jeunes ont raison : cette institution devrait &#234;tre la premi&#232;re &#224; &#234;tre suspendue, eu &#233;gard &#224; ses pratiques depuis des d&#233;cennies. Depuis des d&#233;cennies, les rumeurs d'enveloppes et de mallettes circulent pour orienter les votes importants au Palais de Tsimbazaza (&#233;lection du bureau permanent, choix de noms pour &#234;tre propos&#233;s comme &#171; Premier ministre &#187;, votes de motion de d&#233;ch&#233;ance ou de censure etc.). Ce sont les d&#233;put&#233;s de l'actuelle l&#233;gislature qui avaient &#233;hont&#233;ment d&#233;fendu et prot&#233;g&#233; le r&#233;gime Rajoelina. On reconna&#238;tra &#224; Siteny Randrianasoloniaiko le m&#233;rite d'avoir tent&#233; de jouer le jeu de l'opposition parlementaire lorsqu'il &#233;tait chef de l'opposition au sein de l'Assembl&#233;e nationale. On esp&#232;re que de son actuel perchoir, il aura &#224; c&#339;ur de laisser le d&#233;put&#233; Milavonjy jouer son r&#244;le, loin de la mentalit&#233; vindicative, revancharde et r&#233;pressive d'un minist&#232;re pr&#233;tendant ne pas &#234;tre d'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des d&#233;put&#233;s qui se pr&#233;tendent honorables&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e nationale est donc devenue un lieu des incongruit&#233;s et de l'impunit&#233;, &#224; condition d'&#234;tre du bon c&#244;t&#233; de la barri&#232;re. On s'&#233;tonnera (ou pas) par exemple que la d&#233;put&#233;e Lanto Rakotomanga soit exempte de poursuites malgr&#233; toutes ses casseroles, y compris son r&#244;le dans l'emprisonnement de Rolly Mercia&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une plainte a certes &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e r&#233;cemment. On en attend la suite avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, alors que les d&#233;put&#233;s Marie Michelle Sahondrarimalala ou Naivo Raholdina ont eu affaire &#224; la justice d&#233;mocratique &#224; la sauce Fanirisoa Ernaivo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque de Rajoelina, on n'a jamais vu de commission d'enqu&#234;te parlementaire sur les grands sujets, comme le trafic d'or, la gestion de la Jirama, la mise &#224; mort d'Air Madagascar, l'affaire Imbiky Herilaza ou Tiana Razafimahefa (affaire &#233;crans plats). Comble du comble : les deux derniers noms ont m&#234;me &#233;t&#233; recycl&#233;s comme d&#233;put&#233;s en toute impunit&#233;. On se souvient aussi que dans une pr&#233;c&#233;dente l&#233;gislature, un d&#233;put&#233; qui se faisait &#171; servir &#187; des jeunes &#233;l&#232;ves du secondaire a fait sauter la plainte d'un p&#232;re de famille pour p&#233;dophilie. Voil&#224; donc le profil de certains qui aiment se faire traiter &#224; tort et surtout &#224; travers d'honorable. En fait, les seuls sujets sur lesquels on a vu les d&#233;put&#233;s s'activer avec enthousiasme sont leurs avantages et leurs v&#233;hicules 4x4, ou &#224; la rigueur, le combat pour la l&#233;galisation du &lt;i&gt;toaka gasy&lt;/i&gt;. Le &lt;i&gt;vava&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;solombavam-bahoaka &lt;/i&gt; &#233;tait cens&#233; signifier la voix du porte-parole du peuple. On se demande si, au fil du temps, on n'a pas assist&#233; &#224; une transformation du concept vers la bouche qui mange &#224; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'octobre 2025 &#224; mai 2026, &#224; part les noms sur la liste protocolaire, qui peut dire ce qui a vraiment chang&#233; au niveau de l'Assembl&#233;e nationale ? La soci&#233;t&#233; civile et tous ceux qui esp&#232;rent moraliser les m&#339;urs politiques &#224; Madagascar &#224; coups de projet de lois vont donc malheureusement au-del&#224; de grandes illusions. C'est pour cela que l'adoption de la LAICP coince depuis 20 ans &#224; l'Assembl&#233;e nationale. C'est pour cela que les suggestions de plafonnement des d&#233;penses &#233;lectorales et d'obligation de transparence sur leur origine ne passeront jamais. C'est pour cela que le &lt;i&gt;valifaty politika&lt;/i&gt; est devenu le sport national &#224; chaque alternance. C'est pour cela qu'&#233;lection apr&#232;s &#233;lection, l'impunit&#233; sur les fraudes se perp&#233;tue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison de ces quelques exemples (parmi tant d'autres possibles) est tr&#232;s simple : ceux qui doivent prendre des d&#233;cisions pour am&#233;liorer la situation ne le feront pas, car cela n'arrange pas la poursuite de leurs ambitions actuelles et futures. On ne va donc pas attendre des politiciens aujourd'hui au pouvoir, ou qui aspirent &#224; y &#234;tre demain, de se tirer une balle dans le pied en donnant un cadre juridique contraignant pour une moralisation de la vie publique. Par cons&#233;quent, restons lucides sur les m&#339;urs de notre classe politique, si classe il y a. Cela nous permettra d'&#234;tre r&#233;alistes sur ce que l'on peut, ou pas, esp&#233;rer d'elle dans le cadre d'une refondation du jeu parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://mobile.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/bekzi2405.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH369/bekzi2405-b99b6.jpg?1779769964' width='500' height='369' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11559667686a67d9701f0f34.03750348&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une plainte a certes &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e r&#233;cemment. On en attend la suite avec curiosit&#233;, car dans le cadre de la polifika gasy, cela pourrait juste &#234;tre une man&#339;uvre de propagande pour faire croire que et faire semblant de, car on lui pr&#234;te la protection d'une personnalit&#233; influente au sein du nouveau r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Madagascar, Justice d&#233;faillante, transition d&#233;faillante</title>
		<link>https://mobile.madagascar-tribune.com/Madagascar-Justice-defaillante-transition-defaillante.html</link>
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		<dc:date>2026-05-21T05:20:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La pi&#232;ce qu'on rejoue tous les quinze ans &lt;br class='autobr' /&gt;
On la conna&#238;t pour l'avoir &#233;nonc&#233;e 100 fois cette &#233;num&#233;ration de dates : 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230; &#192; r&#233;p&#233;ter le m&#234;me sc&#233;nario, on aurait pu esp&#233;rer que les acteurs finissent par trouver du sens &#224; la pi&#232;ce&#8230; Eh bien non. Les acteurs sont mauvais, les sc&#233;naristes sont mauvais, le d&#233;cor s'use et tombe en ruine&#8230; et l'intrigue reste identique avec le m&#234;me d&#233;sesp&#233;rant d&#233;nouement : un r&#233;gime tombe sous la pression de la rue, une &#171; transition &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mobile.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L418xH279/logo-19-89596.jpg?1783753984' class='spip_logo spip_logo_right' width='418' height='279' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L418xH523/illustration-7-b78e0.jpg?1779307206' width='418' height='523' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pi&#232;ce qu'on rejoue tous les quinze ans&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On la conna&#238;t pour l'avoir &#233;nonc&#233;e 100 fois cette &#233;num&#233;ration de dates : 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230; &#192; r&#233;p&#233;ter le m&#234;me sc&#233;nario, on aurait pu esp&#233;rer que les acteurs finissent par trouver du sens &#224; la pi&#232;ce&#8230; Eh bien non. Les acteurs sont mauvais, les sc&#233;naristes sont mauvais, le d&#233;cor s'use et tombe en ruine&#8230; et l'intrigue reste identique avec le m&#234;me d&#233;sesp&#233;rant d&#233;nouement : un r&#233;gime tombe sous la pression de la rue, une &#171; transition &#187; s'installe avec son lot de promesses de refondation, de moralisation, de r&#233;conciliation&#8230; Et puis le rideau retombe sur une distribution identique, qui reprend sans la moindre inspiration les m&#234;mes mises en sc&#232;ne, avec la m&#234;me gourmandise, et qui pr&#233;pare d&#233;j&#224; le public &#224; l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;crivais en octobre 2025&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au lendemain du basculement, que la transition ne pouvait &#234;tre cr&#233;dible que si elle s'accompagnait d'une v&#233;ritable justice transitionnelle. Pas pour punir. Pas pour venger. Mais pour &#233;tablir la v&#233;rit&#233;, reconna&#238;tre les torts, r&#233;parer les victimes et garantir qu'on ne recommence pas. Une commission ind&#233;pendante v&#233;rit&#233; et justice. Un r&#233;cit officiel, document&#233;, des d&#233;rives. Une r&#233;forme des institutions judiciaires,p&#233;nales, carc&#233;rales et s&#233;curitaires&#8230; En bref, un nouveau sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept mois plus tard, force est de constater : &lt;strong&gt;c'est rat&#233;&lt;/strong&gt;. Comme c'&#233;tait rat&#233; en 1972, en 1991, en 2002 et en 2009. Et pour la m&#234;me raison qui revient comme un mauvais refrain : on a encore confondu &lt;strong&gt;r&#233;conciliation et oubli&lt;/strong&gt;. On a encore r&#233;int&#233;gr&#233; dans le jeu, sans reddition de comptes, les h&#233;ritiers de ceux qui avaient les mains les plus sales. Et l'&#233;lite (encore nos 72%)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, infatigable, s'est encore r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e &#224; l'identique &#8212; m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, nouveaux visages, m&#234;me app&#233;tit&#8230; M&#234;me m&#233;pris&#8230; M&#234;me cynisme&#8230; M&#234;me irresponsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La refondation introuvable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a bri&#232;vement esp&#233;r&#233; que la nouvelle Ministre de la Justice puisse apporter le changement radical promis de longue date. On y a cru : elle devait servir de caution &#224; la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir mis en place par la rue. Elle aurait d&#251; s'atteler &#224; ce qu'une &lt;strong&gt;justice transitionnelle&lt;/strong&gt; aurait d&#251; produire, &#224; savoir d'abord &lt;strong&gt;un grand m&#233;nage structurel&lt;/strong&gt; dans la maison judiciaire &#8212; au-del&#224; des annonces de poursuites contre Ravatomanga qui, on doit le reconna&#238;tre, nous ont r&#233;jouis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par l&#224; qu'il fallait commencer. Par les fondations. Pas seulement par des coups d'&#233;clat m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La justice ne s'occupe plus prioritairement de d&#233;sengorger les prisons, ni de r&#233;duire la d&#233;tention provisoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y avait &#8212; et il y a toujours &#8212; du travail. 915 magistrats pour 26 millions de justiciables. Moins de quatre pour 100 000 habitants. Des pr&#233;venus qui croupissent des ann&#233;es sans proc&#232;s. Une aide juridictionnelle inexistante pour ceux qui ne peuvent pas se payer un avocat ou &#171; graisser &#187; discr&#232;tement quelqu'un. Une culture punitive qui jette en prison celui qui a vol&#233; un poulet par n&#233;cessit&#233;, pendant que les vrais pr&#233;dateurs &#233;conomiques se prom&#232;nent tranquillement &#224; Duba&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;taient l&#224; les chantiers de la &lt;strong&gt;refondation r&#233;elle&lt;/strong&gt;. Voil&#224; ce qu'aurait d&#251; &#234;tre l'agenda du minist&#232;re de la Justice de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de quoi, on assiste, m&#233;dus&#233;s, &#224; un glissement spectaculaire du centre de gravit&#233;. La justice ne s'occupe plus prioritairement de d&#233;sengorger les prisons, ni de r&#233;duire la d&#233;tention provisoire, ni de l'aide juridictionnelle aux plus pauvres. Elle s'occupe de &lt;strong&gt;nominations strat&#233;giques&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;dossiers politico-financiers&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;complots contre la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 2026 : vague de nominations sur les postes les plus sensibles &#8212; Commissaire g&#233;n&#233;ral de la loi, parquets d'Antananarivo et de Fianarantsoa, juridictions financi&#232;res. Rotation quinquennale, nous dit-on. Soit. Mais le timing, le p&#233;rim&#232;tre, et le fait que le Conseil sup&#233;rieur de la magistrature soit pr&#233;sid&#233; par le Pr&#233;sident lui-m&#234;me, avec le ministre de la Justice en vice-pr&#233;sident, rendent l'argument fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La trahison des priorit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre Fanirisoa Ernaivo, &#224; son cr&#233;dit, a pos&#233; des diagnostics justes &#8212; bien qu'il s'agisse de constats reconnus de longue date. Peines alternatives, travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, libert&#233; sous caution pour les infractions mineures, humanisation de la d&#233;tention. Les mots sont les bons. Les pistes sont pertinentes. Sur le &lt;strong&gt;plan doctrinal&lt;/strong&gt;, c'est &lt;strong&gt;irr&#233;prochable&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On annonce solennellement vouloir &#171; humaniser la d&#233;tention &#187;, mais on y recourt massivement pour des dossiers politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais entre le doctrinal et l'op&#233;rationnel, il y a tout un monde. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce monde-l&#224; &#8212; celui des modalit&#233;s, des calendriers, des budgets, des d&#233;crets d'application, des indicateurs de suivi &#8212; qui reste, &#224; ce jour, d&#233;sesp&#233;r&#233;ment vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant que les annonces s'empilent, les mandats de d&#233;p&#244;t politiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, eux, pleuvent. Treize personnes poursuivies douteusement en avril 2026 pour &#171; tentative d'assassinat &#187;&#8230; Des militants Gen Z arr&#234;t&#233;s quelques jours plus tard pour &#171; atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat &#187;. Paul Rabary et Yves Maurice Rakotoniaina incarc&#233;r&#233;s en mai pour &#171; d&#233;stabilisation &#187; et &#171; association de malfaiteurs &#187;. Amnesty International d&#233;nonce explicitement l'usage d'&lt;strong&gt;accusations vagues&lt;/strong&gt; pour r&#233;duire au silence des opposants et des voix critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; le &lt;strong&gt;contraste insoutenable&lt;/strong&gt; qui devient le fil conducteur de cette transition : on annonce solennellement vouloir &#171; humaniser la d&#233;tention &#187;, mais on y recourt massivement pour des dossiers politiques. On promet la r&#233;duction de la d&#233;tention provisoire mais on multiplie les placements sous mandat de d&#233;p&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La main droite r&#233;pare ce que la main gauche aggrave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le d&#233;tenu ordinaire, lui, attend toujours son proc&#232;s dans une cellule con&#231;ue pour dix o&#249; ils sont quarante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enfer carc&#233;ral, autre insupportable angle mort de la justice de la transition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il faut le redire, encore. Les chiffres sont r&#233;voltants &#224; force d'&#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;s sans susciter de sursaut. Taux d'occupation moyen &#224; &lt;strong&gt;277 %&lt;/strong&gt;. Plus de &lt;strong&gt;1 000 %&lt;/strong&gt; dans certains &#233;tablissements, selon le Sous-Comit&#233; de l'ONU pour la pr&#233;vention de la torture qui qualifie ces conditions de &#171; &lt;strong&gt;cruelles, inhumaines et d&#233;gradantes&lt;/strong&gt; &#187;. La prison d'Antanimora, con&#231;ue pour 900 d&#233;tenus, en accueille plus de 4 000.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Six d&#233;tenus morts de faim &#224; Mananjary en octobre 2024. Pas de m&#233;dicaments. Pas d'eau.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La malnutrition est devenue end&#233;mique. Six d&#233;tenus morts de faim &#224; Mananjary en octobre 2024. Pas de m&#233;dicaments. Pas d'eau. Pas de s&#233;paration entre pr&#233;venus et condamn&#233;s. Pas de s&#233;paration entre mineurs et adultes. Et pour les malades psychiatriques, le summum du renoncement &#233;tatique : on les confie &#224; des structures religieuses o&#249; l'on pratique l'exorcisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le pays r&#233;el. Voil&#224; ce dont la transition a h&#233;rit&#233;. Et voil&#224; ce qu'elle ne traite pas en priorit&#233;. Et c'est aussi ici qu'elle perd toute cr&#233;dibilit&#233; dans la l&#233;gitimation de sa sinc&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le test ultime : l'or, ou la sinc&#233;rit&#233; retrouv&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il fallait un seul crit&#232;re pour juger la sinc&#233;rit&#233; de l'agenda anticorruption de la transition, ce serait celui-l&#224; : que fait-on de l'&lt;strong&gt;or&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;le pouvoir communique fortement sur la chasse aux figures politiques de l'ancien r&#233;gime, sur les biens mal acquis, le FSM&#8230; Mais pas sur la reprise en main de la fili&#232;re aurif&#232;re.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour m&#233;moire, en 2024, le Guichet Unique d'Exportation, cens&#233; encadrer la fili&#232;re, avait enregistr&#233; &lt;strong&gt;douze kilos&lt;/strong&gt; d'or sur dix mois. Douze kilos. Quand on sait qu'&lt;strong&gt;au moins sept tonnes&lt;/strong&gt; quittent clandestinement le pays chaque ann&#233;e&#8230; Et probablement bien davantage. Soit, au cours actuel, plusieurs centaines de millions de dollars qui s'&#233;vaporent, blanchis dans l'immobilier de luxe &#224; Duba&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant ce temps, le pouvoir communique fortement sur la chasse aux figures politiques de l'ancien r&#233;gime, sur les biens mal acquis, le FSM&#8230; Mais pas sur la reprise en main de la fili&#232;re aurif&#232;re. Pourtant identifi&#233;e depuis des ann&#233;es comme le foyer majeur &#8212; structurant &#8212; de la corruption malgache, avec ses sponsors hauts grad&#233;s, ses magistrats complices, ses op&#233;rateurs &#233;conomiques prot&#233;g&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, si la lutte anticorruption se contente de fixer les vaincus politiques sans d&#233;manteler les circuits &#233;conomiques structurants &#8212; or, douanes, transitaires, banques, soci&#233;t&#233;s-&#233;crans, complicit&#233;s transnationales &#8212; elle devient une arme de l&#233;gitimation du nouveau pouvoir. Pas une r&#233;forme de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'on doit, en honn&#234;tet&#233;, mettre dans la balance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit toutefois reconna&#238;tre qu'aucune transition n'op&#232;re dans un environnement vierge. Les contraintes existent. Elles sont r&#233;elles. Elles &lt;strong&gt;n'excusent rien&lt;/strong&gt; &#8212; mais elles &lt;strong&gt;expliquent&lt;/strong&gt; une partie des lenteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;contraintes budg&#233;taires&lt;/strong&gt; sont &#233;videntes : minist&#232;re de la Justice traditionnellement parent pauvre des arbitrages, prisons &#224; construire, magistrats &#224; recruter, tribunaux &#224; &#233;quiper&#8230; tout cela co&#251;te. Et si le support des PTFs se r&#233;duit, on n'est pas pr&#232;s de soulager le syst&#232;me satur&#233; sans r&#233;elle volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;contraintes administratives&lt;/strong&gt; ne sont pas moins &#233;videntes : on ne forme pas 500 magistrats en six mois &#8212; pour peu que le concours soit respect&#233; &#8212; et on ne rec&#226;ble pas une cha&#238;ne p&#233;nale d'un claquement de doigt. &#192; moins d'une r&#233;elle et sinc&#232;re volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;contraintes politiques&lt;/strong&gt; p&#232;sent aussi : dans le cadre d'une transition issue d'une rupture, en &#233;quilibre instable avec ses propres alli&#233;s, toucher au CSM, au statut du parquet, aux carri&#232;res des magistrats, c'est s'attaquer &#224; des corporations puissantes et &#224; des &#233;quilibres factionnels qu'on ne bouscule pas impun&#233;ment&#8230; &#192; moins d'un v&#233;ritable et sinc&#232;re courage politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les &lt;strong&gt;contraintes humaines&lt;/strong&gt; ne sont pas moindres : demander &#224; une magistrature traditionnellement soumise &#224; l'ex&#233;cutif de devenir, du jour au lendemain, ind&#233;pendante et exigeante, c'est esp&#233;rer qu'un d&#233;cret fasse ce qu'aucun d&#233;cret n'a jamais fait : transformer les habitudes. Le Journal officiel n'a nulle part acquis ce super-pouvoir. &#192; moins d'une sinc&#232;re et v&#233;ritable ambition politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les contraintes ne sont jamais qu'&#224; moiti&#233; subies : l'autre moiti&#233; rel&#232;ve du choix.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est vrai. Tout cela m&#233;rite d'&#234;tre dit. MAIS&#8230; aucune de ces contraintes n'explique pourquoi on a trouv&#233; le temps, l'argent et l'&#233;nergie politique pour mener une vague de nominations strat&#233;giques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(&#233;nergie politique BOF)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en mai 2026 et pour multiplier les mandats de d&#233;p&#244;t politiques, sans trouver les m&#234;mes ressources pour publier le premier d&#233;cret d'application des peines alternatives. Les contraintes ne sont jamais qu'&#224; moiti&#233; subies : l'autre moiti&#233; rel&#232;ve du &lt;strong&gt;choix&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans pour la transition. 730 jours. Le temps file. Et nous voil&#224;, sept mois apr&#232;s la rupture, avec une justice qui se mobilise sur des complots plut&#244;t que sur ses fondamentaux&#8230; Avec des prisons qui restent de honteux mouroirs&#8230; avec une &#233;lite qui se r&#233;g&#233;n&#232;re sous d'autres costumes&#8230; et avec une fili&#232;re aurif&#232;re dont les ma&#238;tres continuent tranquillement de saigner le pays &#224; blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition sera jug&#233;e &#8212; par l'histoire et peut &#234;tre par les urnes, si elles sont sinc&#232;res &#8212; sur un crit&#232;re : sa justice aura-t-elle eu le courage de se lier elle-m&#234;me par des r&#232;gles ind&#233;pendantes opposables &#224; ses propres alli&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, on a du mal &#224; r&#233;pondre oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on attend, sinc&#232;rement, qu'ils nous prouvent le contraire. A moins qu'on ne veuille poursuivre la s&#233;rie : 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230; 2036 ?&#8230;2043 ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) Mai 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11559667686a67d9701f0f34.03750348&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2025/10/18/les-chroniques-de-ragidro-transition-politique-a-madagascar-deux-ans-pour-restaurer-la-legitimite-par-la-justice/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2025/10/18/les-chroniques-de-ragidro-transition-politique-a-madagascar-deux-ans-pour-restaurer-la-legitimite-par-la-justice/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2026/05/07/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-quand-28-dune-elite-signent-lacte-de-deces-dun-contrat-social/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2026/05/07/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-quand-28-dune-elite-signent-lacte-de-deces-dun-contrat-social/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(&#233;nergie politique BOF)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Air Madagascar : ph&#233;nix ou zombie ?</title>
		<link>https://mobile.madagascar-tribune.com/Air-Madagascar-phenix-ou-zombie.html</link>
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		<dc:date>2026-05-13T05:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ikala Paingotra</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelques jours, Air Madagascar revient sur le devant de la sc&#232;ne. Le pilote et leader syndical Rado Rabarilala vient d'&#234;tre nomm&#233; Directeur g&#233;n&#233;ral (DG) de Madagascar Airlines. Un pilote a-t-il les comp&#233;tences pour g&#233;rer une compagnie a&#233;rienne en difficult&#233;s ? On fera le bilan dans quelques ann&#233;es, et on attend avec amusement de voir comment il va r&#233;agir en cas de gr&#232;ve. Cette nomination intervient dans un contexte o&#249; les r&#233;centes d&#233;clarations du ministre des Transports et de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mobile.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L453xH300/chatgpt_image_12_mai_2026_22_28_33_1778639591099_1_-3d7be-3ba6d.png?1783755067' class='spip_logo spip_logo_right' width='453' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques jours, Air Madagascar revient sur le devant de la sc&#232;ne. Le pilote et leader syndical Rado Rabarilala vient d'&#234;tre nomm&#233; Directeur g&#233;n&#233;ral (DG) de Madagascar Airlines. Un pilote a-t-il les comp&#233;tences pour g&#233;rer une compagnie a&#233;rienne en difficult&#233;s ? On fera le bilan dans quelques ann&#233;es, et on attend avec amusement de voir comment il va r&#233;agir en cas de gr&#232;ve. Cette nomination intervient dans un contexte o&#249; les r&#233;centes d&#233;clarations du ministre des Transports et de la M&#233;t&#233;orologie indiquent l'intention de faire rena&#238;tre la Compagnie nationale sous son ancien nom, ce qui &#233;quivaut &#224; mettre fin &#224; l'aventure Malagasy Airlines. En outre, le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale a annonc&#233; la cr&#233;ation de sept commissions d'enqu&#234;te parlementaire, dont une consacr&#233;e &#224; la gestion d'Air Madagascar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Air Madagascar a une aura de porte-&#233;tendard national, que n'a jamais eue Madagascar Airlines. La d&#233;claration de mise en faillite d'Air Madagascar, suivie d'une esp&#232;ce de r&#233;surrection sous un autre nom, a donn&#233; l'impression d'une op&#233;ration fumeuse cach&#233;e derri&#232;re des arguties non convaincantes pour justifier de d&#233;shabiller Pierre pour habiller Paul. Dans son envie maladive de laisser une empreinte de b&#226;tisseur, il est fort probable que Andry Rajoelina ait voulu cr&#233;er artificiellement une nouvelle compagnie pour pouvoir rajouter une ligne &#224; la liste de ses r&#233;alisations pseudo-&lt;i&gt;manara-penitra&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut donc que se r&#233;jouir de la volont&#233; affich&#233;e du gouvernement malgache de relancer Air Madagascar. Toutefois, on ne peut en revanche qu'&#234;tre dubitatif sur la strat&#233;gie et les strat&#232;ges. Le syndicaliste Alain Rabetrano, qui essaie de faire l'int&#233;ressant sur les m&#233;dias depuis quelques temps, a &#233;t&#233; l'invit&#233; de Real Tv il y a une dizaine de jours. Il a &#233;t&#233; loin d'&#234;tre convaincant sur les aspects techniques du sujet, semblant puiser son argumentaire dans le &lt;i&gt;tora-po &lt;/i&gt; et la strat&#233;gie du &lt;i&gt;yaka fokon&lt;/i&gt;. Or, il ne s'agit pas seulement de rebaptiser la compagnie Madagascar Airlines au nom d'une nostalgie romantique, mais d'avoir une vision globale sur la gestion multidimensionnelle (juridique, technique, marketing, commercial, finances) pour que la situation de faillite ne devienne r&#233;currente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde du transport a&#233;rien comme ailleurs, &#8220;grande gueule&#8221; n'est pas toujours synonyme de comp&#233;tences. On l'a vu avec Rinah Rakotomanga, journaliste qui s'est improvis&#233;e sp&#233;cialiste du transport a&#233;rien, avec les r&#233;sultats que l'on sait. Toutefois, ce principe doit &#233;galement &#234;tre une grille de lecture en voyant tous ces syndicalistes qui se penchent actuellement sur le tombeau d'Air Madagascar, d'Alain Rabetrano au ministre des Transports Herizo Andrianavalona, en passant par le nouveau DG de Madagascar Airlines Rado Rabarilala. Quand on rajoute &#224; la photo de famille Joseph Randriamampionina dit &#8220;Dadafara&#8221; (directeur de cabinet du ministre des Transports) et Alban Rakotoarisoa, agent d'escale devenu DG de l'aviation civile de Madagascar, on est en droit de s'interroger sur la capacit&#233; technique de cette fine &#233;quipe de populistes &#224; prendre des d&#233;cisions rationnelles et strat&#233;giques pour le bien de la Compagnie. La posture syndicale de critique syst&#233;matique de l'incomp&#233;tence des dirigeants est peut-&#234;tre une approche, mais elle est limit&#233;e sans le sens critique n&#233;cessaire pour &#233;valuer et g&#233;rer l'environnement externe et interne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Compagnie sous contraintes &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, Air Madagascar a &#233;t&#233; victime des errements de l'&#201;tat, qui a d&#233;cid&#233; la politique de lib&#233;ralisation de l'espace a&#233;rien (&lt;i&gt;Open Skies&lt;/i&gt;) alors que la Compagnie &#233;tait encore en plein effort de redressement apr&#232;s une situation de quasi-faillite. Pourtant, l'&#201;tat lui-m&#234;me a contribu&#233; &#224; la mauvaise sant&#233; d'Air Madagascar. D'abord en &#233;tant syst&#233;matiquement un cr&#233;ancier douteux qui ne payait pas ses factures, obligeant l'entreprise &#224; faire de co&#251;teux emprunts &#224; court terme aupr&#232;s des banques primaires pour suppl&#233;er au manque de tr&#233;sorerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le pire &#233;v&#233;nement &#224; &#233;t&#233; la d&#233;cision politique prise par Rajoelina d'acheter les deux Airbus A340, au d&#233;triment de toute rationalit&#233; technique. Cet appareil, glouton en carburant, &#233;tait &#224; l'&#233;poque en train d'&#234;tre abandonn&#233; par toutes les compagnies a&#233;riennes du monde &#224; cause de sa non-rentabilit&#233;. L'ancien DJ a pourtant accept&#233; sans r&#233;fl&#233;chir de se faire refourguer la brocante d'Air France. Il faut se replacer dans le contexte pour comprendre cette d&#233;cision incompr&#233;hensible : en plein combat pour la reconnaissance internationale de son coup d'&#201;tat, Rajoelina avait besoin du soutien de la France. Cela a eu un impact d&#233;sastreux sur les finances de la compagnie : carburant, requalification des &#233;quipages et des techniciens d'un syst&#232;me Boeing vers un syst&#232;me Airbus, etc. Le tout s'est sold&#233; par un proc&#232;s en 2019 qui a oblig&#233; Air Madagascar &#224; payer 21 millions de dollars &#224; Air France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le probl&#232;me fondamental d'Air Madagascar &#233;tait sa position hybride d'entreprise publique &#224; vocation commerciale. En tant qu'entreprise publique, l'&#201;tat impose r&#233;guli&#232;rement des perspectives politiques en tant que principal actionnaire, alors que dans une entreprise commerciale, la recherche du profit aurait &#233;t&#233; la seule pr&#233;occupation. Les deux perspectives ne donc vont pas n&#233;cessairement ensemble, et Air Madagascar a pay&#233; cher l'incapacit&#233; de l'&#201;tat malgache &#224; choisir entre les deux. Il ne s'agit pas seulement de factures impay&#233;es sous pr&#233;texte que la soci&#233;t&#233; appartient &#224; l'&#201;tat, mais &#233;galement de choix strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des fameuses lignes sociales a &#233;t&#233; l'exemple parfait du dilemme : on demandait &#224; la Compagnie de desservir un ensemble de destinations qui ne pouvaient structurellement pas &#234;tre rentables pour cause de trafic insuffisant. Mais ces lignes ont &#233;t&#233; longtemps maintenues pour d&#233;senclaver des zones, permettre l'acheminement du courrier, et satisafaire le d&#233;put&#233; du coin qui exigeait leur maintien sans tenir compte des r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, le &lt;i&gt;tora-po&lt;/i&gt; nationaliste sans comp&#233;tence technique de haut niveau ne suffit pas pour g&#233;rer la vuln&#233;rabilit&#233; d'Air Madagascar aux fluctuations du prix du carburant, mais aussi de celles des cours de change, car la quasi-majorit&#233; des principales d&#233;penses se paye en devises : location d'appareils, assurance, droits de survol, achat de carburant etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Facteur interne non n&#233;gligeable &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si le gouvernement veut redonner &#224; Air Madagascar la chance du ph&#233;nix, il devra donc adopter une d&#233;marche visant &#224; prioriser une gestion entrepreneuriale saine, et abandonner les interf&#233;rences politiques dans ce qui doit rester des d&#233;cisions techniques. Cela passe par une r&#233;flexion s&#233;rieuse sur tous les points abord&#233;s pr&#233;c&#233;demment. Malheureusement, on est dans un pays o&#249; la propension &#224; l'ultracr&#233;pidarianisme r&#232;gne : les Malgaches aiment parler savamment de ce sur quoi ils n'ont aucune expertise. Une des pratiques favorites des politiciens et des Facebookers est de comparer le tarif des billets pour des vols de dur&#233;es ou de distances comparables, et de crier &#224; l'arnaque ou &#224; l'incomp&#233;tence des dirigeants d'Air Madagascar. Par exemple, pourquoi Tana - Majunga (1H10 de vol) co&#251;te environ $416, alors que Paris - Marseille (1H20 de vol) en co&#251;te environ $182 ? Faire cette comparaison sans avoir la moindre id&#233;e du principe d'&#233;conomie d'&#233;chelle ne peut que mener &#224; des conclusions foireuses, qui sont d'autant plus dangereuses quand elles convainquent des personnes ayant le pouvoir de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc un aper&#231;u de toutes les contraintes du contexte dans lequel &#233;volue la Compagnie. Toutefois, le risque interne n'est pas &#224; n&#233;gliger. Le poids des syndicats a &#233;t&#233; un facteur non n&#233;gligeable dans la d&#233;ch&#233;ance d'Air Madagascar qui a pay&#233; cher la r&#233;currence des gr&#232;ves qui ont eu un impact financier mais &#233;galement un impact commercial sur l'image de fiabilit&#233; de la compagnie face &#224; la concurrence. Malheureusement, en bons Malgaches, le personnel en g&#233;n&#233;ral et les syndicats en particulier n'ont ni le courage ni la capacit&#233; de se remettre en question sur leurs propres responsabilit&#233;s dans le d&#233;clin d'Air Madagascar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des ann&#233;es, certains leaders syndicaux se sont construit une image publique de h&#233;ros protecteurs des int&#233;r&#234;ts de la compagnie. Mais on se gardera d'&#234;tre impressionn&#233;s par cela : les &#8220;grandes gueules&#8221; populistes qui font beaucoup de promesses et pr&#233;tendent &#234;tre comp&#233;tents sans avoir la formation et l'exp&#233;rience n&#233;cessaires, on conna&#238;t d&#233;j&#224;. Leur champion est actuellement en exil &#224; Duba&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://mobile.madagascar-tribune.com/IMG/png/chatgpt_image_12_mai_2026_22_28_33_1778639591099_1_.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/chatgpt_image_12_mai_2026_22_28_33_1778639591099_1_-7f66e.png?1778649645' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11559667686a67d9701f0f34.03750348&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar, quand 28 % d'une &#233;lite signent l'acte de d&#233;c&#232;s d'un contrat social</title>
		<link>https://mobile.madagascar-tribune.com/Madagascar-quand-28-d-une-elite-signent-l-acte-de-deces-d-un-contrat-social.html</link>
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		<dc:date>2026-05-08T04:28:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un article du sociologue Jean Michel Wachsberger, sur la base de l'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) d&#233;velopp&#233;e sur un millier de repr&#233;sentants des &#233;lites malagasy, caract&#233;rise un chiffre qui fait mal : seuls 28 % des membres de cette &#233;lite placent l'am&#233;lioration du sort des pauvres parmi leurs priorit&#233;s politiques. Vingt-huit pour cent ! Il ne s'agit pas d'un sondage d'humeur. Il s'agit d'un relev&#233; clinique, froid, document&#233;, de ce que nos dirigeants pensent vraiment de leur peuple &#8212; quand ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mobile.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo-18-3b431.jpg?1783751842' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un article du sociologue Jean Michel Wachsberger, sur la base de l'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) d&#233;velopp&#233;e sur un millier de repr&#233;sentants des &#233;lites malagasy, caract&#233;rise un chiffre qui fait mal : seuls 28 % des membres de cette &#233;lite placent l'am&#233;lioration du sort des pauvres parmi leurs priorit&#233;s politiques. Vingt-huit pour cent ! Il ne s'agit pas d'un sondage d'humeur. Il s'agit d'un relev&#233; clinique, froid, document&#233;, de ce que nos dirigeants pensent vraiment de leur peuple &#8212; quand ils n'ont pas besoin de faire semblant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&#171; 28 %, c'est la proportion de nos &#233;lites qui se souviennent encore qu'il y a des gens dehors. De mani&#232;re crue, c'est formellement constater que &lt;u&gt;72% des gens au pouvoir ne se pr&#233;occupent que de leur seul int&#233;r&#234;t&lt;/u&gt; &#187;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20568 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://mobile.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/image-1-3-dda95.jpg?1778214503' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un chiffre comme un miroir qu'on voudrait casser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On s'est souvent demand&#233; quelle &#233;tait cette mal&#233;diction malagasy qui veut que chaque changement de r&#233;gime ne refl&#232;te qu'un jeu de chaises musicales ou les kleptocrates &#233;ject&#233;s sont aussi rapidement remplac&#233;s par d'autres nouveaux kleptocrates. L'adage dit : le pouvoir corrompt. Mais la question demeure : pourquoi l'acc&#232;s aux hautes sph&#232;res du pouvoir semble-t-il transformer aussi rapidement un individu apparemment normal en un oligarque assum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article de Jean-Michel Wachsberger peut nous en donner une lecture. Cet article fond&#233; sur l'enqu&#234;te Elimad&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) men&#233;e par Jean Michel Wachsberger, Mireille (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, men&#233;e aupr&#232;s de mille membres de la haute sph&#232;re du pouvoir malgache, dresse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wachsberger, J.-M. (2023). Le peuple des &#233;lites. Repr&#233;sentations &#233;litaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le constat non pas d'une &#233;tude d'opinion comme les autres mais d'une cartographie des repr&#233;sentations &lt;strong&gt;sur ce que les &#233;lites pensent de leur peuple&lt;/strong&gt;. Et sur ce qu'elles en disent quand on le leur demande. Et l&#224;, le tableau est cruellement &#233;difiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple malgache, vu d'en haut ? &#171; &lt;i&gt;Aimable mais inerte. Traditionnel mais immature. Bon mais incapable de d&#233;cider seul&lt;/i&gt;. &#187; Ces mots ne sont pas ceux d'un &#233;ditorialiste irrit&#233;. Ce sont les mots recueillis, compil&#233;s, analys&#233;s &#8230; Les mots que des hauts fonctionnaires, des hommes d'affaires, des politiciens utilisent pour d&#233;crire les quatre-vingts pour cent de leurs concitoyens qui vivent sous le seuil de pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et hop &#8230; Que voil&#224; un joli tour de passe-passe id&#233;ologique : si le peuple est pauvre, c'est parce qu'il est &lt;i&gt;mou, conservateur, enferm&#233; dans ses coutumes d'un autre &#226;ge&lt;/i&gt;. La pauvret&#233; n'est de toutes fa&#231;ons pas un &#233;chec politique. Elle devient une fatalit&#233; anthropologique. Une sorte de mal&#233;diction convoqu&#233;e bien &#224; propos pour exon&#233;rer ceux qui gouvernent de toute responsabilit&#233; dans le d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le pouvoir d'achat moyen des Malgaches a &#233;t&#233; amput&#233; d'un tiers depuis 1960. Tandis que le reste de l'Afrique subsaharienne progresse, la Grande &#206;le recule. Cette &#171; &#233;nigme &#187; n'a pas d'explication naturelle. Mais elle a des auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La peur comme moteur de la solidarit&#233; &#8212; et son absence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici convoquer un th&#233;oricien que nos dirigeants devraient lire : Abram de Swaan. Sa th&#232;se, document&#233;e dans Sous l'aile de l'Etat (1988)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son ouvrage de r&#233;f&#233;rence, In Care of the State (1988), le sociologue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est simple et cinglante. Les &#233;lites europ&#233;ennes n'ont pas invent&#233; l'&#201;tat-providence par g&#233;n&#233;rosit&#233;. Elles l'ont fait par peur. Peur des r&#233;volutions qui d&#233;bordent les quartiers chics. Peur des foules qui, quand elles n'ont plus rien &#224; perdre, trouvent des id&#233;es dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'on appelle l'&lt;strong&gt;interd&#233;pendance sociale&lt;/strong&gt; &#8230; le sentiment que mon destin est li&#233; au tien, m&#234;me si tu vis &#224; l'autre bout de la ville dans un taudis. Ce sentiment-l&#224; est le ciment invisible qui a forc&#233; les classes dominantes &#224; investir dans la sant&#233;, l'&#233;ducation, la protection sociale. Non par vertu mais &lt;strong&gt;par int&#233;r&#234;t bien compris&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, ce moteur de l'interd&#233;pendance sociale semble tr&#232;s largement gripp&#233;. Trois raisons, trois m&#233;canismes qui se renforcent mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;fihavanana&lt;/strong&gt; d'abord. Cet id&#233;al d'harmonie, de consensus, d'&#233;vitement du conflit &#8212; une valeur belle en elle-m&#234;me &#8212; se retourne contre les domin&#233;s d&#232;s lors qu'il neutralise toute pression populaire sous argument de concorde et d'harmonie. Parce qu'une &#233;lite qui ne craint pas son peuple n'a aucune raison de lui faire des concessions. Le fihavanana devient ainsi, dans certains contextes, le consentement des faibles &#224; leur propre soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;strong&gt;atomisation g&#233;ographique&lt;/strong&gt; ensuite. Quatre-vingts pour cent de la population est rurale, dispers&#233;e, vivant en autarcie relative, loin des circuits &#233;conomiques formels que contr&#244;le l'&#233;lite. Pour un d&#233;cideur tananarivien, le paysan de l'Androy n'est pas un acteur politique : c'est un &#233;l&#233;ment du d&#233;cor&#8230; lointain, silencieux, non mena&#231;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;strong&gt;achat &#233;lectoral ponctuel&lt;/strong&gt; enfin. Dans un syst&#232;me o&#249; les suffrages se n&#233;gocient la veille du scrutin contre quelques billets ou un sac de riz ou quelques litres d'huile, les &#233;lites n'ont pas besoin de programmes sociaux pour gagner des &#233;lections. L'investissement &#233;lectoral est un co&#251;t de transaction &#224; assumer de mani&#232;re br&#232;ve le temps d'une campagne &#8230; Et non pas un contrat de gouvernance dont on serait redevable. Le &#171; Je vais, je tire et je reviens &#187; se traduit en &#171; Je paie, je gagne, et j'oublie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Quand une &#233;lite ne craint plus son peuple, ne le respecte pas comme &#233;lecteur, et ne le voit pas comme partenaire &#233;conomique &#8212; il ne lui reste rien pour se sentir solidaire de lui. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Raiamandreny, ou l'art de dominer avec le sourire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;connexion ne se dit pas cr&#251;ment. Elle s'habille d'un discours paternaliste omnipr&#233;sent &#8212; celui du &lt;strong&gt;raiamandreny&lt;/strong&gt;, le p&#232;re et la m&#232;re du peuple. Les &#233;lites se repr&#233;sentent volontiers comme des figures tut&#233;laires, bienveillantes, dont la sagesse &#233;clair&#233;e doit guider des enfants qui ne sauraient d&#233;cider par eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cadre cognitif est une arme politique redoutable. En pr&#233;supposant le peuple comme &#233;ternellement immature, on s'arroge le droit de d&#233;cider &#224; sa place &#8212; sans consultation, sans reddition de comptes. La d&#233;mocratie formelle subsiste : il y a des &#233;lections, des constitutions, des assembl&#233;es. Mais elle est vid&#233;e de toute contrainte r&#233;elle sur les gouvernants. Le peuple vote. Mais son vote, qui adoube une l&#233;gitimit&#233; de fa&#231;ade du pouvoir aux yeux des partenaires internationaux, ne changent rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce paternalisme n'est pas une originalit&#233; post-coloniale que d'aucuns voudraient lire. Il puise ses racines dans la monarchie merina, o&#249; le souverain prot&#232;ge, organise, nourrit symboliquement un peuple qui lui doit en retour ob&#233;issance et fid&#233;lit&#233;. La colonisation a ensuite recycl&#233; cette structure en y ajoutant son propre discours de la mission civilisatrice. L'ind&#233;pendance n'a pas tout effac&#233; : elle a simplement chang&#233; de costume le m&#234;me rapport au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'oligarchie, produit logique d'un syst&#232;me sans peur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; nos 28 %. Que font les 72 % restants ? Ils ne sont pas oisifs. L'espace politique qui n'est pas occup&#233; par la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (et des plus faibles en particulier) est imm&#233;diatement investi par la &lt;strong&gt;comp&#233;tition pour la rente d'&#201;tat&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans projet redistributif, sans id&#233;ologie programmatique, sans ancrage dans des int&#233;r&#234;ts de classe organis&#233;s, la vie politique malgache se r&#233;duit &#224; ce qu'elle est fondamentalement : une &lt;strong&gt;querelle de factions &#233;litaires pour le contr&#244;le des ressources&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1972, 1991, 2002, 2009, 2018, 2025 &#8212; les crises se ressemblent toutes. Elles n'opposent pas des projets de soci&#233;t&#233; antagonistes. Elles opposent des r&#233;seaux d'int&#233;r&#234;ts concurrents qui mobilisent temporairement des foules pour des enjeux qui ne sont pas les leurs. &#192; chaque transition, la promesse de rupture. &#192; chaque consolidation, la m&#234;me logique de pr&#233;dation. On croit avoir affaire &#224; la m&#234;me clique &#8230; alors qu'elle a en fait &#233;t&#233; spontan&#233;ment r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e dans un mortif&#232;re jeu de seza (chaises) musicales ;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'oligarchie kleptocratique et ploutocratique&lt;/strong&gt; n'est pas une perversion du syst&#232;me malgache. C'est son &#233;tat d'&#233;quilibre naturel &#8212; ce vers quoi toute configuration politique tend quand les contre-pouvoirs sont absents, les acteurs populaires atomis&#233;s, et les &#233;lites sans peur ni contrainte. Ce n'est pas un accident. C'est une d&#233;sesp&#233;rante destination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 % vs 72% ne mesure donc pas seulement l'indiff&#233;rence d'une &#233;lite. Il mesure le &lt;strong&gt;degr&#233; de d&#233;liquescence d'un contrat social qui n'a peut-&#234;tre jamais vraiment &#233;t&#233; conclu&lt;/strong&gt;. Un contrat o&#249; les gouvernants s'engageraient &#224; am&#233;liorer le sort des gouvern&#233;s en &#233;change de leur consentement &#224; &#234;tre gouvern&#233;s. &#192; Madagascar, ce contrat est rest&#233; lettre morte &#8212; peut &#234;tre depuis la monarchie, depuis la colonisation, depuis l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en m&#234;me temps ce constat ne devrait pas qu'&#224; moiti&#233; nous surprendre quand on sait la soci&#233;t&#233; malagasy extr&#234;mement hierarchis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Le 28 % n'est pas le chiffre d'une indiff&#233;rence ordinaire. C'est le relev&#233; d'un contrat social qui n'a de national que le nom. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;tablir l'interd&#233;pendance, ou accepter l'effondrement lent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sortir de l&#224; ne se fera pas avec une nouvelle constitution. On sait les collectionner, &#224; Madagascar, comme d'autres collectionnent les timbres&#8230; et avec autant d'effet sur la gouvernance r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut r&#233;tablir est d'un autre ordre : le &lt;strong&gt;sentiment que nos destins sont li&#233;s&lt;/strong&gt;. Que le dirigeant de la capitale a quelque chose &#224; perdre si le paysan de l'Androy cr&#232;ve de faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sentiment ne surgira pas par vertu. Il surgira &#8212; comme partout dans l'histoire &#8212; par pression. Par la pression d'une soci&#233;t&#233; civile organis&#233;e et forte qui co&#251;tera vraiment cher d'ignorer. Par la pression d'un syst&#232;me &#233;lectoral (et des financements de campagne) o&#249; les suffrages populaires sont v&#233;ritablement dangereux &#224; contourner (autrement qu'&#224; coup de liasses d'ariary ou de sacs de sucre). Par la pression de m&#233;dias v&#233;ritablement ind&#233;pendants qui rendent visibles et contestables les repr&#233;sentations &#233;litaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que ces conditions ne sont pas r&#233;unies, &lt;strong&gt;le chiffre de 72 % d'irresponsables&lt;/strong&gt; ne bougera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la Grande &#206;le continuera sa trajectoire singuli&#232;re et cruelle : des crises qui se succ&#232;dent, des r&#233;gimes qui s'effacent, une oligarchie qui, sous des visages changeants, demeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que quelqu'un, quelque part, d&#233;cide qu'il vaut mieux craindre (et respecter) un peuple en col&#232;re que continuer &#224; le m&#233;priser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une question que tout un chacun, qui reconnaitra faire partie de cette &#233;lite, doit se poser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) Mai 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11559667686a67d9701f0f34.03750348&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) men&#233;e par Jean Michel Wachsberger, Mireille Razafindrakoto et Fran&#231;ois Roubaud de l'IRD, a interrog&#233; &lt;strong&gt;1 000 membres des &#233;lites malgaches&lt;/strong&gt; : hauts fonctionnaires, hommes d'affaires, responsables politiques, cadres des ONG et de la soci&#233;t&#233; civile, repr&#233;sentants religieux et militaires. Un &#233;chantillon d&#233;lib&#233;r&#233;ment large de &lt;strong&gt;quiconque d&#233;tient, &#224; un titre ou un autre, une capacit&#233; d'influence sur la vie publique du pays&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wachsberger, J.-M. (2023). Le peuple des &#233;lites. Repr&#233;sentations &#233;litaires et ordre moral &#224; Madagascar. Participations, N&#176; 37. Enqu&#234;te Elimad (2012-2014) &#8212; 1 000 membres des &#233;lites malgaches.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans son ouvrage de r&#233;f&#233;rence, In Care of the State (1988), le sociologue Abram de Swaan renouvelle l'analyse de la protection sociale. Contrairement aux approches qui y voient uniquement un progr&#232;s humaniste, il d&#233;montre que l'&#201;tat-providence est le r&#233;sultat d'un processus de collectivisation des risques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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