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Croissance revue à la baisse et persistance des pressions inflationnistes

lundi 4 mai | Mandimbisoa R. |  3097 visites  | 21 commentaires 

L’économie malgache entre dans une phase plus délicate. Selon les dernières Perspectives économiques régionales du Fonds monétaire international (FMI), la croissance de Madagascar devrait s’établir à 3,6 % en 2026, confirmant un net ralentissement par rapport aux années précédentes. Cette prévision tranche avec les ambitions affichées par la loi de finances, où le gouvernement tablait sur une progression d’environ 4,8 %, portée par les investissements publics, l’agriculture et les infrastructures.

La trajectoire récente de l’économie renforce ce constat. Après une croissance proche de 4,2 % en 2023 et 2024, puis un ralentissement à 3,9 % en 2025, la projection du FMI pour 2026 s’inscrit dans une tendance claire à la décélération.

À cette dynamique modérée s’ajoute une contrainte majeure : la hausse des prix. Le FMI prévoit en effet une inflation autour de 8,3 % en 2026, un niveau élevé qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages et renchérit les coûts pour les entreprises. Cette combinaison d’une croissance ralentie et d’une inflation persistante traduit une fragilité macroéconomique accrue.

L’environnement international contribue largement à cette situation. Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, entraînent une hausse des prix du pétrole, des engrais et du transport maritime, des facteurs particulièrement pénalisants pour un pays importateur comme Madagascar. Ces chocs extérieurs se répercutent directement sur les coûts de production et alimentent les pressions inflationnistes internes.

À l’échelle régionale, la comparaison reste défavorable. L’Afrique subsaharienne devrait enregistrer une croissance d’environ 4,3 % en 2026, après 4,5 % en 2025, soit un rythme supérieur à celui de Madagascar malgré un léger ralentissement. Ce décalage met en évidence les difficultés structurelles propres à l’économie malgache, notamment en matière de productivité, d’accès à l’énergie et de diversification.

Les prévisions de la Banque mondiale confirment cette lecture prudente. L’institution anticipe également une croissance modérée pour Madagascar, autour de 3,5 % à 3,7 % à court terme, avec une reprise progressive conditionnée à la stabilité macroéconomique, à l’amélioration du climat des affaires et à la relance des investissements. Cette convergence des analyses entre grandes institutions internationales renforce la crédibilité du scénario d’une croissance continue.

Dans ces conditions, l’objectif de 4,8 % inscrit dans la loi de finances apparaît aujourd’hui ambitieux. Sa réalisation dépendra de la capacité du pays à surmonter des contraintes persistantes, telles que les déficits énergétiques, la faible productivité agricole et la vulnérabilité aux aléas climatiques. La révision à la baisse du FMI ne constitue donc pas une simple correction technique, mais le reflet d’un environnement économique plus contraint.

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21 commentaires

Vos commentaires

  • 4 mai à 11:04 | Vohitra (#7654)

    Une lente dépréciation de l’Ariary est perceptible...

    Et un évènement crucial est en train de s’opérer du côté du projet Ambatovy...il paraît, le conditionnel est de rigueur, que le principal actionnaire SUMITOMO veut se retirer du projet , et veut même payer pour se libérer de ses engagements....

    Et l’inflation avance avec assurance et frappe les ménages vulnérables qui sont de plus en plus nombreux actuellement...

    Et aucune mesure drastique pour réduire les dépenses de l’Etat n’est visible...

    Et l’Etat continue encore de recruter des fonctionnaires...et se permet depuis l’arrivée du fanovozana d’augmenter même les salaires et de distribuer des primes...

    Et entre-temps, le cycle d’endettement massif du pays continue de rouler sans qu’il y ait ralentissement...

    Et la situation de l’endettement colossal de la Jirama n’est pas encore prêt à être résolu...

    Et la mainmise des "barons voleurs" sur l’économie locale reste imperturbable...

    Et dans le même temps, le Monseigneur Colonel continue partout une propagande déguisée en distribuant à tour de bras partout où il passe sans qu’on sache l’origine des produits et de l’argent distribué...

    • 4 mai à 14:01 | Stomato (#3476) répond à Vohitra

      L’expérience très réussie du précédent militaire a laissée de bons souvenirs auprès de quelques personnes !
      Pourtant amiral est hiérarchiquement supérieur à un colonel...

      Courage aux très rares qui travaillent à Madagascar en tentant de faire surnager le pays...

    • 4 mai à 18:15 | bekily (#9403) répond à Vohitra

      VOHITRA manakory
      Vola ?
      Avy aminy forongony karana sy rosiana...
      rehefa tsy ampy ny volan-panjakana botrina.

      Influenceurs aza alefa manao stage any Rosia, mianatra formation fandaingana aminy propagande internet....

  • 4 mai à 14:56 | rakotobe (#7825)

    Cherchez l’erreur,

    Le taux de croissance moyen est de 1,5% pour les pays composant l’OCDE
    Alors qu’il est de 3/4% pour Madagascar, comme d’autres pays en développement.
    Si cette notion mesure l’augmentation de la production de la richesse par rapport à une période donnée.
    Pourtant, force est de constater qu’à Madagascar la pauvreté n’a jamais baissé, les inégalités n’ont jamais été réduites.

    • 4 mai à 16:00 | RN13 (#11689) répond à rakotobe

      Le croissance de la population est aussi environs 2,7% par an. Ce qui veut dire que pour maintenir le niveau du PIB par habitant, il faut au moins avoir une croissance economique de 2,7% par an. Si non la population s’appauvrit.

    • 4 mai à 16:20 | rakotobe (#7825) répond à rakotobe

      @RN 13

      L’explication par le taux de croissance corrigé par repartition est étroite.
      Bcp d’autres facteurs peuvent également empêcher les pauvres de profiter pleinement des possibilités qu’offre la croissance.
      Madagascar est un réel cas d’école !

    • 4 mai à 16:34 | kartell (#8302) répond à rakotobe

      Pour réduire significativement la pauvreté à Madagascar, les analyses de la Banque mondiale et d’autres institutions indiquent que le taux de croissance actuel (autour de 4-5 % par an) est insuffisant. En effet, avec une croissance démographique élevée (environ 2,7 % par an), il faudrait une croissance du PIB bien supérieure à la moyenne historique pour avoir un impact réel sur la pauvreté. Plusieurs sources soulignent qu’une croissance d’au moins 7 à 10 % par an serait nécessaire pour commencer à inverser la tendance de la pauvreté, qui touche actuellement environ 80 % de la population ??.
      Source : banquemondiale.org

    • 4 mai à 16:48 | Vohitra (#7654) répond à rakotobe

      Kartell,

      Durant le régime du criminel fugitif de Dubaï, le pays a connu un taux de croissance du PIB oscillant entre 3 et 4.5 % annuel... tandis que le taux de pauvreté ne cesse d’accuser une hausse significative...et le taux de malnutrition aiguë toujours dans la même tendance...

      Et dans la même période, l’importation rizicole n’a cessé de croître... pour atteindre plus de 800.000 tonnes rien que pour l’année 2025...

      Pour dire la croissance affichée n’a servi qu’à justifier les marges en vue d’un endettement dans le futur budget annuel...et tout recommence comme avant...

    • 4 mai à 16:57 | bekily (#9403) répond à rakotobe

      Le taux de croissance comme seul critère de développement pour la banque mondiale, est un dogme capitalistique...qui n’a pas lieu d’être sanctifié dans l’absolu.

      Cela occulte les orientations et périodes de stagnations économiques apparentes.
      Lorsque les pays engagent de grosses dépenses D’INFRASTRUCTURES PRODUCTIVES
      ou engagent des législations novatrices...

      EXEMPLES :

      * le temps de construction d’une raffinerie

      * ou le temps de construction d’une usine de dessalinisation....

      * Sans compter le temps nécessaire pour que de nouvelles lois socio-économiques produisent leurs effets de ruissellement.

    • 4 mai à 17:06 | bekily (#9403) répond à rakotobe

      Sans compter
      Comme le décrit Vohitra :
      Que le taux de croissance n’a aucune corrélation avec une baisse hypothétique de la PAUVRETÉ.

      En clair
      La croissance sous Rajoelina correspond à la croissance économique des affaires mafieuses
       ne profite qu’aux intérêts particuliers d’une caste minoritaire.
       accentuant la pauvreté de la masse populaire

    • 4 mai à 18:23 | bekily (#9403) répond à rakotobe

      Hum !
      Manahy ao fa misy sous marin ny vozongo eto .....

    • 4 mai à 18:43 | bekily (#9403) répond à rakotobe

      Hum
      On affirme
      On lenifie la portée de ses affirmations
      Puis on giffle.....la diaspora....père Noël voyons.

      Que de couleuvres n’avions nous avalées depuis la colonisation....

      Exemple :
      dans les manuels scolaires il était enseigné aux braves petits Malgaches que
       Madagascar est un " PAYS D’ECHANTILLONS"
       Aujourd’hui il y a guerre d’influence diplomatique,
      pour faire main basse sur les GROSSES RESERVES DE MINERAIS RARES SOUS EXPLOITÉS.....rien que des "ventes de cailloux" disait la propagande foza....

      Sans compter l’histoire non finie des ILES EPARSES ( "ces petites îles de rien du tout" d’intérêt juste écologique)
      donc de SON GISEMENT+++DE GAZ NATUREL.

      ATTENTION :
      On parle bien du même pays !
      Qui change selon que l’on soit autochtone
      ou prédateur...

  • 4 mai à 17:20 | rakotobe (#7825)

    @ Kartell
    Les préconisations de la BM ne sont que de l"ordre de prévision statistique , parfois inexactes dans les faits.
    Pourquoi ?
    Une hausse du tx de croissance n’abaisse pas mécaniquement la pauvreté.
    La croissance peut coéxister avec une hausse des inégalités : à Madagascar, la croissance profite davantage aux ménages aisés, laissant les plus pauvres à l’écart.par ailleurs le PIB/ tête n’est pas un indicateur fiable de progrès social, la croissance peut augmenter sans améliorer les conditions de vie des plus vunérables...etc
    Bref la CROISSANCE n’est pas PRO-PAUVRE

    • 4 mai à 17:52 | kartell (#8302) répond à rakotobe

      rakotobe ,
      Nous sommes d’accord, cette maigre croissance ne profitera pas aux plus démunis, elle va même accroître leurs mal-être .
      Quand aux gadgets proposés par une diaspora, « yaka faucon », , un peu de retenue, tout de même, !..
      On n’insulte pas l’avenir de cette manière, il est, déjà, suffisamment, compliqué comme cela pour jouer, insidieusement au père Noël, d’autres s’en chargent !..!..

    • 4 mai à 18:17 | bekily (#9403) répond à rakotobe

      Le Mexique en fit la preuve en 2024.

    • 4 mai à 19:23 | kartell (#8302) répond à rakotobe

      Copié / collé, hors-sol, évidemment !..

    • 4 mai à 21:53 | bekily (#9403) répond à rakotobe

      Dont acte.

  • 4 mai à 17:51 | Isandra (#7070)

    J’ai failli croire que le problème de ce pays, c’est Rajoelina, mais, il est déjà parti, les choses persistent, pire, s’empirent et sur tous les plans,...

    A réfléchir,...Quel sont les vrais problèmes de ce pays et quelles solutions adéquates ?

    • 4 mai à 20:35 | Vohitra (#7654) répond à Isandra

      Parce que vous croyez que les 3.811 milliards Ariary qu’il avait pillé ne sont pas des problèmes pour le pays ?

      Et que le service de la dette causée par les infrastructures non-productives qu’il avait financé à tout va n’ont pas engendré des déséquilibres budgétaires selon vous ?

      Il est et restera un problème tant qu’il ne rembourse pas ce qu’il doit à la Nation...

    • 4 mai à 21:51 | bekily (#9403) répond à Isandra

      Corrigé
      As capté

  • 4 mai à 18:20 | bekily (#9403)

    T’as toujours pas capter sue le problème est la CORRUPTION MAFIEUSE ?
    DE SURCROIT INSTITUTIONNALISEE SOUS RAJOELINA : UN PION !